
Alternance politique au Congo : et si la jeunesse prenait enfin ses responsabilités ? <?xml:namespace prefix = o ns = "urn:schemas-microsoft-com:office:office" /><o:p></o:p>
Le Congo est à un tournant de son histoire. Après lessoufflement de lespoir suscité par <?xml:namespace prefix = st1 ns = "urn:schemas-microsoft-com:office:smarttags" /><st1:PersonName w:st="on" ProductID="la CNS">la CNS</st1:PersonName> et lavènement du pluralisme politique, nous avons connu lune des périodes les plus sombres, caractérisée par linstrumentalisation des jeunes par les leaders véreux qui les ont utilisés tour à tour comme pourvoyeurs de voix et chair à canon. Actuellement, le Congo notre beau pays doute. Le climat de désarroi qui prévaut au sein de lopposition actuelle et le cynisme du pouvoir de Sassou ôtent tout optimisme. Une ultime issue simpose désormais pour notre pays : lalternance politique.
A travers le monde, la démocratie simpose comme la norme incontestable, et lalternance politique devient sa soupape de sécurité. Au Congo, lalternance politique devra mobiliser dautant plus dénergie et dintelligences que léquipe actuelle au pouvoir, par sa culture héritée du système soviétique, ne sen accommodera jamais. Point dillusions, une victoire de lactuelle opposition ne sera pas une sinécure. Linsigne impéritie du pouvoir de Sassou est un fait. Ce pouvoir est dautant plus moribond quil aurait suffi, dans un pays normal, dune élection démocratique pour redonner espoir au peuple congolais. Ce nest plus le cas du Congo qui a perdu toute crédibilité et qui alimente désormais et de façon régulière la rubrique des faits divers de la presse internationale.
On oublie trop souvent quen politique, la saine logique et le bon sens élémentaire recommandent de ne jamais sous-estimer son adversaire, même sil a un genou par terre. Le pouvoir de Lissouba qui a pris à la légère cette appréhension raisonnée en a appris à ses dépens en 1997, entraînant malheureusement avec lui tous les espoirs dune pérennité démocratique.
En politique, la saine logique et le bon sens élémentaire recommandent de ne jamais sous-estimer son adversaire
Sil est aujourdhui un fait irréfutable, cest que les jeunes qui avaient été à <st1:PersonName w:st="on" ProductID="la CNS">la CNS</st1:PersonName> navaient pas réellement pris leurs responsabilités. Faute de navoir fait ni le bilan, ni laudit de lEtat du Congo, la dynamique du changement sétait enrayée à leur grande stupeur. En faisant allégeance à ceux là même qui avaient des vieux comptes à régler entre eux, leur énergie avait été insidieusement récupérée par eux et mise au service du mal, notamment pour se faire une virginité et pour satisfaire leurs intérêts égoïstes. Trop vieux desprit et de caractère, ces jeunes avaient simplement succombé à la manipulation des leaders, qui nattendaient pas moins pour masquer leur impuissance et se maintenir au pouvoir. La suite on la connaît.
Avant le précipice, la jeunesse reste le dernier rempart dun pays. Elle a été le catalyseur dans la plupart des grands bouleversements que ce monde a connus. Comme toutes les jeunesses du monde, celle du Congo se caractérise non seulement par cet élan de liberté et par la propension à prendre de risques, mais elle est également galvanisée par lidéalisme, surtout par lenvie de changer le Monde à sa manière. Bien que soumis à des forces, des logiques qui lui échappent parce que dictées par les aînés en mal de projets, il nen demeure pas moins quelle soit à certains égards, créatrice de son histoire.
Tout en osant le pari du changement dans la modernité, nous avons lobligation de concevoir des réels projets de société, en tenant compte des exigences de ce siècle nouveau. Tant doccasions ratées par le biais desquels, on aurait pu imprimer notre touche dans lédification de cette nation, encore hésitante, à mon sens.
Un combat courageux doit être mené contre lapathie actuelle de la jeunesse congolaise. Cette jeunesse qui fit à lorigine des premières contestations ayant fragilisé lautorité du pouvoir du parti unique dans les années 80, subit actuellement la stratégie des autorités, fondée sur la déstructuration délibérée du tissu éducatif, dans le but dabrutir le citoyen pour quil nait plus les moyens intellectuels appropriés afin de mettre en lumière leur incompétence par une analyse des résultats des politiques engagées. Le démantèlement de lUniversité de Brazzaville na jamais obéi à des contingences financières imposées par les Institutions Financières Internationales, il répond à des considérations dordre stratégique : anéantir ce pôle de contestation par excellence.
Nous avons lobligation de concevoir des réels projets de société
En imposant un réel rapport de force, les jeunes pourraient intégrer toutes les grandes structures politiques du pays ou en créer des nouvelles qui épousaient plus lair du temps (à linstar du RLBC de Joël Mafouta ou de « LInitiative fédéraliste »), afin de marquer la rupture avec les pratiques aux relents nauséeux que nos aînés affectionnent tant. Ce changement de cap ne pourra être durable et viable que lorsquil ne fera pas lobjet dun décret, ni croire naïvement à un déterminisme du changement. Il doit être le résultat dune démarche claire, lisible, osée dans laquelle, le Congo serait le principal bénéficiaire.
Les Congolais ont en effet trop facilement cru au déterminisme du changement, comme si ladoption dune nouvelle Constitution le 15 Mars 1992, suffisait pour impulser le changement de la société. La tentative dappliquer aux réalités sociales le postulat déterministe est hasardeuse. Le déterminisme social ne saurait être calqué sur celui des faits physiques. Or, limportance stratégique de la place et du rôle des acteurs dans le processus de changement, notamment cette force de frappe des jeunes, avait été mal utilisée ou méconnue. Les jeunes ne simposeront jamais dans ces structures par la simple force du Saint-Esprit. On doit donc éviter toute confusion, comme cétait le cas sous la période de transition dirigée par Milongo. Les conditions dun vrai changement navaient pas été mises en place, nous navons malheureusement assisté quà une amorce du changement. Nuance !
Il est urgent de ne pas saccrocher au jeunisme, cette doctrine rétrograde qui ferait penser à une rente inépuisable dont le bon Dieu nous serait redevable, ni au déterminisme organiciste, fondamentalement immobiliste. La jeunesse doit plutôt sappuyer sur une véritable stratégie, adaptée au management de la société systémique et syncrétique quest le Congo et ceci dans un caniveau des desseins clairement exprimés.
Les idées ne sont rien sans réelle stratégie. Les pesanteurs de la société actuelle sont telles quil importe de bien redéfinir leurs interactions pour mieux saisir la complexité de notre paysage politique. Ce nest quen saisissant les stratégies élaborées dans les officines de Mpila visant la conservation coûte que coûte du pouvoir, désormais à caractère médiéval, que lon pourrait élaborer la contre-stratégie idoine.
Il est urgent de ne pas saccrocher au jeunisme
Soyons clairs, la présence des jeunes aux commandes des grandes structures politiques nest pas la panacée, encore faudrait-il quelle soit le fruit dune stratégie lisible. Le spectacle que Makita Paulin nous offre à la direction de lUPADS nest pas rassurant. Sa nomination par LISSOUBA au poste de Secrétaire Général par intérim procédait peut être dune bonne intention. Nétait ce pas là lopportunité pour un jeune dinsuffler du vrai dynamisme démocratique dans ce grand parti ? Erreur, cet espoir sest au fur et à mesure dissout dans le cauchemar de la division orchestrée par les uns et les autres. Makita et Moukouéké nous offrent un spectacle digne dun film à sensation, qui ressemble à sy méprendre à lépisode de la nuit des longs couteaux du 24 juin 1934 durant laquelle Adolf Hitler décida d'éliminer, avec l'aide des SS, Ernst Röhm et les chefs de <st1:PersonName w:st="on" ProductID="la SA. Ils">la SA. Ils</st1:PersonName> ne se privent plus des méthodes les plus basses pour donner du cynisme au spectacle.
Pendant que Makita se cramponne pitoyablement sur cet héritage maléfique reçu de Lissouba dont lindisponibilité devient un secret de polichinelle, de son côté, Moukouéké na pas fait la démarche nécessaire, consacrant une émulation à la loyale à travers laquelle, seul un débat didées serait privilégié. Pourtant, un congrès en bon et dû forme aurait suffi pour redonner le dernier mot aux militants qui choisiraient librement leurs dirigeants en fonction des orientations politiques des uns et des autres.
La situation nest guère reluisante du côté du MCDDI, un autre grand parti de notre pays. La place et le rôle des jeunes dans ce parti samenuisent chaque jour comme une peau de chagrin. <o:p></o:p>
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Depuis le retour de son chef incontesté Bernard Kolelas au bercail à la faveur du décès de son épouse, les choses vont à vau-leau. Le MCDDI et le PSVG de Mampouya, rivalisent désormais dimagination pour accéder à la mangeoire nationale, jalousement gardée par le Roi de Mpila. Les militants qui ont cru en Kolelas tombent des nues, car lallégeance au régime de Sassou est dautant plus déconcertante quil est même allé se prosterner sur les tombes des parents du Tout Puissant Général à Oyo, alors que les jeunes ninjas, tombés par centaines aux champs de bataille, en croyant défendre les idées de leur chef, nont même pas de sépulture. La preuve est faite, si cela avait pu faire un doute, que la politique au Congo ne dépend en rien didées mais seulement de stricte obédience à la ligne donnée par le chef quon sest choisi quoi quil puisse dire ou faire.
Cest dailleurs, le cur meurtri et complètement désemparé, mais dans une démarche qui méprise une fois de plus les intérêts des jeunes, que Samuel Badiinga a rejoint Ngouélondélé pour constituer lun des plus curieux duo de lhistoire du Congo.
Lopposition actuelle, dans le cadre de <st1:PersonName w:st="on" ProductID="la CODESA">la CODESA</st1:PersonName> présidée par A. Milongo avait introduit un mémorandum exigeant la mise en place dune Commission Nationale Indépendante (CNI). En toute vraisemblance, Sassou et son gouvernement vont donner une fin de non recevoir à ce mémorandum. Ne vous y trompez pas, il ny a rien dinformel dans la stratégie de Sassou, sa horde de Conseillers-prédateurs, qui viennent de tous horizons y travaillent. Pour jouer la diversion dont ce régime a le secret, la communication de Sassou est déjà montée au créneau pour fustiger « lopposition irresponsable » qui aurait à cur de remettre sur table le cycle de violence que Sassou « aurait patiemment régulé »(sic). Nous sommes dans une situation caractérisée par une inexistence des libertés qui finit par ankyloser la propagation des mécontentements. Les partisans de Sassou savent quen persévérant dans cette logique, ils auront gain de cause, lopposition dans son ensemble sera contrainte de boycotter les élections. Or, nous avons une opposition hétéroclite, affamée à dessein, il sera donc aisé pour Sassou et son PCT en mal de projets de société, de trouver quelques faire-valoir à qui ils auront fait bénéficier des faveurs de leur DAB (Distributeur automatique de billets). Et le tour est joué. Comme en 2002, il triomphera sans peine.
Quels moyens de pression efficaces dispose l'opposition contre un régime autiste qui affame son peuple ?
La bataille des élections se gagnera à ce niveau. Si lopposition arrivait à faire fléchir le régime de Sassou en lui imposant la création de cette commission, alors elle aura gagné. <st1:PersonName w:st="on" ProductID="La CNI">La CNI</st1:PersonName> constitue à nen point douter, le garde-fou devant permettre de rationaliser le jeu électoral et dassurer la survie de la démocratie. Or quels moyens de pression efficaces dispose-t-elle contre un régime autiste qui affame son peuple, pille les recettes pétrolières, encourage impunément la médiocratie ? Cest un enjeu capital pour lequel la place et le rôle de la jeunesse sont appelés à être décisifs.
Cest évident, des causes de mécontentement comparativement mineures avaient rongé, perturbé, paralysé, désarçonné la naissance démocratique de la période post-CNS plus vite et plus fort que les dérives actuelles et la misère constante ne gênent le régime de Sassou, dont les populations asservies, nont ni droit réels, ni moyens dagir.
L'autre stratégie de Sassou à laquelle Kolelas semble déjà adhérer, cest lorganisation dune sorte de UMP à la congolaise à travers laquelle les grands partis comme le MCDDI ou lUPADS seront tout bonnement avalés par le PCT à travers une OPA en bonne et due forme. Si une partie du chemin semble avoir été parcourue pour le MCDDI avec la complaisance de Kolelas qui a sans honte retiré son parti de lopposition pour le mettre au service de Sassou, la tâche sera moins aisée pour lUPADS. Gamassa dont lépouse était éminente cadre de lURFC, est en train de déstabiliser ce parti et avoir les coudées franches pour cette future alliance du diable. Cest pour cette raison dailleurs quil a organisé lexclusion sans motif du tonitruant Kignoumbi kia Mboungou, afin de livrer en toute liberté lUPADS à Sassou comme gage de sa fidélité.
En toute hypothèse, la mort du PCT n'aura lieu que lorsque Sassou estimera que de ses cendres, naîtra un grand parti, qui sera mis à sa disposition pour une vraie conquête du pouvoir par les urnes.
Le « Toto tire nama » entre refondateurs et conservateurs au sein du PCT sinscrit dans une logique diabolique, motivée par lappât du gain. Ces atermoiements sont symptomatiques dun parti dun autre âge, et qui ne se retrouve plus dans un environnement démocratique. Cest un non sens de vouloir faire du neuf avec du vieux.
Le Congo est à lagonie, et les Congolais dans leur majorité, aspirent à un réel changement, ils sont prêts à accepter les sacrifices pour justifier cette exigence, pour peu que, cette fois-ci, les jeunes prennent véritablement leurs responsabilités.
Djess dia Moungouansi<o:p></o:p>
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http://www.mwinda.org/envoi/jeunesse_envoi.html<o:p></o:p>
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