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La nécessité d'un Congo adulte dans une Afrique décomplexée<o:p></o:p>
Cest un bond en arrière sans précèdent que notre pays a fait au cours des cinq dernières décennies, elle est passée de la lutte pour l'indépendance et la liberté au combat pour la survie et la réduction de la dette.
Aux yeux de beaucoup dobservateurs, la pauvreté récurrente semble être une fatalité en Afrique et notre pays ny échappe pas en dépit de nos énormes potentialités économiques .Nous traînons péniblement, comme un boulet, notre record de médiocrité qui nous classe parmi les pays les plus endettés du monde par tête dhabitant. Sous dautres cieux, là où la vertu a encore un sens, on en aurait honte, au Congo où ce sentiment se noie tout bonnement dans les méandres abscons de <?xml:namespace prefix = st1 ns = "urn:schemas-microsoft-com:office:smarttags" /><st1:PersonName ProductID="la Nouvelle Espérance" w:st="on">la Nouvelle Espérance</st1:PersonName>, on nhésite pas à exhiber cette prime à la médiocrité, à tout va, surtout au moment de quémander quelques faveurs auprès des Institutions financières internationales.
Sans faire une analyse comparée systématique, il sied de constater que lAmérique latine et certains pays dAsie nous donnent chaque jour une bonne leçon de souplesse dadaptation aux contraintes et vicissitudes de la mondialisation. En dépit dune augmentation exponentielle des recettes pétrolières du Congo, on est frappé par le contraste saisissant entre laugmentation de la pauvreté de masse chez nous et lamélioration sensible des indicateurs sociaux partout ailleurs.
Dinnombrables travaux ont essayé de mettre en évidence les pesanteurs culturelles et sociales qui contribuent au déclin du continent africain.
Par notre culture, les populations adhèrent moins aux idées abstraites, idéologiques que proposent les partis politiques
Parmi les causes de cette débâcle, on a souvent peu mis en exergue notre espèce dincapacité à nous projeter en tant quentité ou espace culturel distinct des autres civilisations. Lincapacité à adapter nos cultures à la modernité empêche lémergence dinstitutions viables et pérennes.
Par notre culture, les populations adhèrent moins aux idées abstraites, idéologiques que proposent les partis politiques, alors que le contrat social se construit autour dun socle didées partagé et cest ce qui fait la différence ou la ligne de démarcation entre les nations qui réussissent et celles gagnées par le retard économique et technologique et la misère de masse. Ainsi, des thèmes mobilisateurs comme « les valeurs positives du progrès » ou lidée du rendez-vous avec lhistoire pour créer la prospérité pour ses enfants et entrer dans la compétition avec les autres civilisations, doivent être mis en avant.
Un pays comme <st1:PersonName ProductID="la Côte-" w:st="on">la Côte-</st1:PersonName> dIvoire, véritable locomotive de lAfrique de lOuest a été géré depuis lindépendance pour le compte de lElysée, comme si cétait une fatalité de continuer à gérer cet héritage. Rien na été entrepris pour concevoir de cadrages susceptibles destomper lentropie des institutions que nous avons eues en héritage. Cest pathétique
Alors quil devenait urgent dattaquer la difficulté, on a préféré la gérer. De même, la gestion de lEtat a été privilégiée à un gouvernement qui prend des réelles responsabilités.
Une Afrique responsable, cest celle qui doit se réapproprier les moyens déchange et de réserve des valeurs délaissés entre les mains de ses partenaires extérieurs, afin de véritablement battre monnaie. Un vestige de la colonisation quest <st1:PersonName ProductID="la Zone Franc" w:st="on">la Zone Franc</st1:PersonName> par le biais duquel <st1:PersonName ProductID="la France" w:st="on">la France</st1:PersonName> exerce ses effets de domination monétaire sur les autres Etats membre, doit être démantelé sans attendre, et en concevoir un plus adéquat et exclusivement voué au développement des pays africains.
Alors quil devenait urgent dattaquer la difficulté, on a préféré la gérer
La sagesse africaine nous interdit de dormir sur la natte dun autre, on élimine ipso facto, le risque dêtre à la merci des humeurs dautrui. Nous avons encore en mémoire la dévaluation du FCFA le 11 janvier 1994, décidée et managée de façon unilatérale par <st1:PersonName ProductID="la France. Or" w:st="on">la France. Or</st1:PersonName>, la dévaluation dune monnaie doit s'inscrire dans une stratégie large de développement économique et non pas être perçu comme le seul élément qui peut répondre aux difficultés économiques.
Un fait est désormais établi par lhistoire et la pensée, Marx et Lénine la partagent. Hayek, Friedman et Kizner ne sont pas en reste : léconomie de marché et la propriété privée des moyens de production sont les meilleurs moyens denrichissement des pays et des individus à la fois.
Il est par conséquent urgent dadopter des politiques économiques capables de renforcer la liberté économique et la libre concurrence. A contrario, les marchés protecteurs de rentes et des entreprises monopolistiques, incapables de soutenir la concurrence, ne sont plus adaptés aux exigences de ce siècle nouveau. <o:p></o:p>
Les chantres de <st1:PersonName ProductID="la Nouvelle Espérance" w:st="on">la Nouvelle Espérance</st1:PersonName> doivent comprendre quun développement ne serait possible au Congo, que lorsque les populations seront mises dans les conditions qui les rendraient aptes à senrichir. Il faut pour cela épargner et intégrer cette épargne dans le processus de production sous forme dinnovations et dinventions par la technique et la technologie. Au lieu de se spécialiser dans la recherche de laide publique internationale ou de considérer sans honte que laccession à linitiative PPTE est un objectif à atteindre, il va falloir prendre des dispositions élémentaires pour stimuler lépargne et mettre en place des mesures susceptibles de décourager la fuite des capitaux. Seule une démarche courageuse nous aidera à amorcer de perspectives de changement de tendance et mettre ainsi notre pays à labri des actes de prédations organisés avec la complicité des Institutions Financières Internationales. Des programmes de stabilisation et de relance économique quelles ont prônés jusque là nont fait quappauvrir nos pays.
Notre salut passera donc nécessairement par la conception dun système de gouvernement inspiré de nos us et coutumes, or le seul capable de redonner confiance au peuple tant abusé par des décennies de division et dexclusion, de violence et de méfiance, dethnocide et dethnocratie, est celui qui garantirait la proximité entre le mandant et le mandataire, atténuerait le phénomène de domination et de lexclusion ethnique que lEtat unitaire actuel a insidieusement instaurée. Le Congo doit par ailleurs sappuyer sur des leaders charismatiques (il y en a encore !) capables de promouvoir un contrat social basé sur lamélioration des conditions de vie de la population, une émergence des capitaines dindustrie locaux, mais surtout une abolition de lesprit de dépendance au plan individuel et collectif.
Seule une démarche courageuse nous aidera à amorcer de perspectives de changement
Intensifier et massifier le système de formation, redéfinir nos institutions et proposer des choix économiques osés. Toute action de grande envergure doit être un pari avec lavenir. Les responsabilités dun pays adulte, cest à nous de les assumer et non se cacher derrière des faux-fuyants, comme cela sest fait tout le temps.
Au moment où la métaphore village planétaire devient plus que réelle, le Congo doit désormais, chaque jour chercher les voies et moyens qui assureraient sa survie sur cette redoutable planète. Plus quune survie, cest de ses choix que dépendra sa place dans le concert des nations. Un mouvement culturel profond, indispensable à la réalisation dune vraie renaissance congolaise, doit sarrimer aux réalités politiques, économiques et non ressasser les idées mortes qui ont tant galvanisé nos grands frères de lindépendance, telles colonialisme, impérialisme etc.
Notre pays a besoin de ce rêve qui a toujours été au commencement de chaque civilisation. Cest cette sorte dépopée qui permit à Homère de donner à <st1:PersonName ProductID="la Grèce" w:st="on">la Grèce</st1:PersonName> et aux Hellènes un rêve de grandeur. Virgile concrétisa le sien en confiant <st1:PersonName ProductID="la Rome" w:st="on">la Rome</st1:PersonName> impériale aux latins.
Un Congo adulte dans une Afrique décomplexée, cest celui qui reconnaît ses fautes, qui assume ses errements, qui domestique sa violence désordonnée et qui exorcise ses démons, ses hypocrisies, afin quelle devienne raisonnable pour construire la grande nation sur les fondations robustes de lethnie dont il faut élargir la notion.
LAfrique victorieuse delle-même sera redoutable aux prédateurs de tous bords, à linverse lAfrique sans âme et pleurnicharde telle que nous la connaissons, sera toujours à la merci des politiciens véreux qui se prennent pour des libérateurs.
Faute dune âme intrinsèquement africaine, l'ancienne O.U.A. (Organisation pour l'Unité Africaine) et l'actuelle Union Africaine ne resteront pour longtemps, que des clubs de conversation fantoches, qui après avoir fait un pas en avant sempresseront den faire deux en arrière, et pendant ce temps leau continue de couler sous les ponts. Dans la résignation, le Congo et lAfrique verront encore passer, le train de ceux qui font lHistoire.
Djess dia Moungouansi ......15 Août 2006<o:p></o:p>
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http://www.mwinda.org/article/15aout1.html
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