

Le prochain vrai faux « grand combat » de Sassou : la révision constitutionnelle ?
En dépit de toute vraisemblance, toute uvre humaine et la constitution en est une - est faite pour être adaptée à lévolution de la société. Ainsi, dès linstant quelle prévoit elle-même quon peut la réviser, la question posée est : est-ce que la révision engagée est conforme à morale du constitutionnalisme ? Dans le cas du Congo, la constitution du 20 Janvier 2002, pourtant taillée sur mesure, conçue pour attribuer tous les pouvoirs aux vainqueurs de la guerre civile, est-t-elle déjà si éculée pour envisager de modifier certaines dispositions ?
Rien ninterdit une révision constitutionnelle
Pour les officines de Mpila, grassement payées pour imaginer des entourloupes visant la confiscation à tout prix du pouvoir dEtat par le clan Mbochi, la réponse à ces questionnements, participe dune pure tactique politique, basée sur des tacles et feintes, quils assènent avec maestria à un peuple à genoux. Par conséquent, ils affûtent les armes, au sens propre comme au figuré. Dans cette logique, en plus dachat massif des armes à la Corée du Nord, la révision constitutionnelle donnera le coup de grâce à toute la plateforme des espérances congolaises.
Si rien ninterdit à ce que le législateur modifie, complète ou abroge les dispositions législatives antérieures, le droit de lEtat, cependant, doit se concilier avec lEtat de droit. Par voie référendaire ou par le biais du parlement en exercice, cette souveraineté du peuple ne peut être entamée que par le peuple lui-même. Ce que le peuple a fait, il lui appartient, à lui seul, de le défaire, en retour.
A priori, la révision de cette norme suprême qui constitue également le lieu de fondement du pouvoir légitime dans lEtat, est légale. Cependant, une action peut être dans la ligne de la légalité la plus pure et se révéler parfaitement illégitime. La légitimité, cest la conformité à la conscience du moment.
La question constitutionnelle est donc politique, politique avant tout. Certains peuvent défendre lidée de modifier la constitution pour permettre à Sassou de briguer un mandat supplémentaire, au nom de la paix et de la stabilité. Mais ces objectifs sont-ils une fin en soi quand le peuple senfonce chaque jour dans les abysses de lindigence ?
La conscience du moment est contraire à une révision
On voit dans quelle mesure la conscience du moment et les préoccupations des congolais sont contradictoires à lidée dune pérennisation au pouvoir dun président qui n'a pu réaliser ses ambitions pour le pays en vingt cinq ans ; il ne saurait évidemment pas les réaliser en sept ans supplémentaires, voire plus. Ce faisant, il serait sage de laisser sa place à une nouvelle équipe plus inspirée et mieux aguerrie.
Les propagandistes du régime nous tympanisent sur le caractère démocratique du régime ; or, en démocratie, la morale du constitutionnalisme interdit dutiliser, même régulièrement, tous les mécanismes constitutionnels pour atteindre nimporte quel objectif. Ce principe du constitutionnalisme démocratique pose un certain nombre de limites, pas forcément dailleurs inscrites dans la constitution.
Aux deux procédés de modification qui soffrent à eux, les gourous de Mpila opteront de toute évidence, pour une révision effectuée par le Parlement en exercice. Les résultats dune révision par voie référendaire étant tributaires des humeurs des électeurs; ils éviteront ce procédé comme la peste, car ils redoutent une sévère sanction que leur infligeront, sans conteste, les congolais malmenés par la rudesse de la vie, imposée par le pouvoir.
Le clientélisme a eu raison des partis dopposition
Comment comptent-ils mener à bien cette manuvre dilatoire? Le coup de main de Mme Jocelyne Lissouba, inspirée par qui on sait, lors de son séjour à Oyo, pour la réconciliation des diverses fractions de lUPADS, nest pas fortuit. Elle a aidé Mr Sassou à ramener au bercail quelques brebis égarées qui ont pour la plupart dentre eux, une âme du PCT. Ce clientélisme actif et la puissance de corruption de ce régime, ont déjà eu raison des velléités contestataires du dernier carré des résistants du MCDDI ; parti du reste victime dune OPA en bonne et due forme de la part du MRP. Quant au parti de Milongo, il est simplement en lambeaux, déchiré par les querelles intestines.
Ces manuvres sont conformes à une stratégie dont les ficelles sont tirées depuis Mpila, et qui permettrait de navoir à lassemblée que des « députés » nommés par le pouvoir, donc sans marge de manuvre. In fine, un parlement croupion qui obéit au doigt et à la lettre à leur Père créateur. Il ne leur restera quà entériner le but de leur existence(sic) : aider lune des dictatures les plus odieuses dAfrique à se pérenniser.
Etant le concentré de lhistoire dun peuple, une constitution ne doit pas être révisée de façon abusive, au nom de la stabilité politique, ni être au service dune seule personne, fut-il dictateur. Seules, les espérances congolaises et la conscience du moment devraient en être les moteurs, en conformité avec le principe de lalternance politique ou présidentielle.
Djess dia moungouansi
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