

Pour lindicamétrie (1), une réconciliation ne peut pas être productive, car rien de positif ne peut se réaliser, quand lesprit est en proie aux forces de la nuit et de lobscur. Le mal brouille la vue. La culture de lincurie et celle de la recherche du gain politique en tout, tarissent lâme, flétrissent lesprit ; et leurs ondes de chocs, négatives, sont incommensurables. Le potentiel de feinte et de mal qui habite le cur de celui qui tire doctement les ficelles dans le clair obscur, ainsi que dune majorité des responsables de lUpads est, de trop loin, supérieur aux valeurs du bien et du progrès qui les avaient habités quand ils se lançaient (pour les plus sincères dentre eux en tout cas) à la conquête du pouvoir dEtat sous Lissouba.
La laideur morale qui entoure la démarche de Jocelyne Lissouba suffit elle seule à expliquer la crise qui fait rage au sein du parti des trois palmiers. Nous avons droit à une funeste métaphore à travers laquelle les fossoyeurs de lancienne machine électorale quétait ce parti, se réunissent autour de sa dépouille sans vie, après avoir livré son âme en gage de fidélité au Maître des lieux : le bien nommé Dénis Sassou NGuesso.
« Il ny a pas pire aveugle que celui qui refuse de voir » nous rappelle dadage courant. Les dirigeants de lUpads toute fraction confondue, refusent de juguler le profond malaise dans lequel est plongé ce parti. La cacophonie jouée par les uns et les autres lentraine chaque jour dans les abysses du désespoir et les incantations dune réconciliation concoctée par les officines de Mpila ny fera rien. Au contraire, Sassou fera florès de son projet : la pérennité dictatoriale.
Daucuns sont sur lexpectative, à se demander lintérêt de Sassou à avoir une Upads unifiée. Telle quelle semble se dessiner, c'est-à-dire à hue et à dia, cette pseudo réconciliation en demi-teinte, cantonnera ce parti en un décorum désuet du paysage politique congolais, impossible de peser sur les grandes orientations du pays ni sur la mise en place des conditions dune véritable alternance politique.
Comment Mpila compte tirer partie de ce rififi ? Derrière le laxisme apparent, se cache une logique de fer. À savoir, rester le plus longtemps possible au pouvoir en sappuyant sur lopposition. Acquis à sa cause et à la merci des humeurs du Dieu de Mpila, les futurs députés de ce parti, « nommés » par lui, nauront évidemment aucune marge de manuvre. Et faisant fi du suffrage universel, ils entérineront son projet qui consistera à se faire élire aux prochaines présidentielles, uniquement par un parlement acquis à sa cause.
Entre lUPADS du « Secrétaire Général à vie » Christophe Moukouéké et lUPADS des « héritiers génétiques » de Lissouba, incarné par laile Gamassa, il ny a aucune divergence idéologique. Pour preuve, les uns et les autres rivalisent dardeur pour se rapprocher de la mangeoire de Mpila.
En mettant très rapidement trois ou quatre choses sur table, ceux qui estiment poursuivre laventure du Professeur des Professeurs doivent impérativement mettre le doigt, non pas sur, mais dans la plaie, crever labcès, mais surtout sortir définitivement de cette hypocrisie maladive.
- On ne le dira jamais assez ; pour accéder au pouvoir par voie démocratique, un certain nombre de conditions sont nécessaires. A un environnement démocratique doivent sajouter dénormes moyens financiers, des réseaux, mais surtout, on doit correspondre à la période. LUPADS et Lissouba étaient dans ces conditions en 1992. Quen est-il actuellement?
- Cest un secret de polichinelle : Lissouba est indisponible, il ne reviendra plus sur la scène politique. Les hommes charismatiques, faisant lunanimité dans lélectorat des « Maba matatu » étant rares, où dénicher cette perle rare ? Un parti sans leader est voué à lhibernation. Un électorat potentiel ne suffit pas à concevoir un parti de gouvernement : tout parti s'identifie à un chef qui imprime son empreinte par sa capacité de mobilisation et sa force de proposition.
- Il est illusoire de parler de réconciliation en vouant aux gémonies dautres dirigeants qui ont fait la pluie et le beau temps de ce parti. Des deux choses lune ; soit ce parti opte pour une véritable rupture avec le passé, ce qui impliquerait un nettoyage, en bon et due forme, de tous les anciens qui on été avec Lissouba ( Moukouéké, Tamba-Tamba, Gamassa, Mbéri, Munari, Tsaty Mabiala, Nimi Madingou etc..) et faciliter lémergence des jeunes ( mais où diable sont-ils ?) ; soit organiser une réconciliation sans exclusive. Retour à la case départ.
- Cette réconciliation sans exclusive remettra forcément en selle MBéri Martin qui na jamais fait mystère de son allégeance au régime dictatorial. Mais surtout, laile Mgoungounga Kombo Nguila, aujourdhui dirigée par Tsonguissa Moulangou, qui est susceptible, par son indépendance daction, par son intransigeance envers le régime de Brazzaville, dinjecter une grande dose despoir dans ce parti.
- Toutes ces contradictions doivent être gérées au sein dune espèce de « commission Vérité et Réconciliation » par le biais de laquelle, tous ceux qui ont fait du tort au parti, par extension au pays, doivent avouer leur forfait ou se repentir devant les instances du parti, dirigées par les hommes et femmes consensuels, triés sur le volet.
Prendre le taureau par les cornes suppose que lon éviterait lhypocrisie qui consiste à se reconnaître tous de la pensée de Pascal Lissouba, alors quil ne reconnaitrait manifestement plus personne maintenant. Il faut se rendre à lévidence, pour que ce parti survive à son fondateur, il faut beaucoup plus de courage quon ne le croit. Les futurs dirigeants doivent se remettre en question pour que naisse sur les cendres une véritable légitimité.
Les saupoudrages actuels nentrainent que des lourdeurs qui empêchent ce parti de sarrimer à la modernité afin daffronter avec sérénité la logique dictatoriale imposée par Mpila. En donnant une véritable légitimité aux dirigeants du plus grand parti dopposition, cela donnerait un peu plus de lisibilité au combat, et mobiliserait comme il se doit lappui du peuple.
La dévolution du pouvoir de façon héréditaire doit être bannie dans un parti qui se veut démocratique. De même, il convient de garder la tête froide face à Mme Lissouba qui ne bénéficie daucune légitimité et qui ose proposer une réconciliation aux contours flous ; surtout, limpudence de lhomme de Mpila en linvitant à Oyo, devrait susciter plus de méfiance.
En cette période difficile, face à un pouvoir autiste, irresponsable, enivré par les abondantes recettes pétrolières, notre peuple a besoin dun solide parti dopposition qui rassure. Sous les trois palmiers doivent simposer des hommes et des femmes qui savent être à lécoute du peuple, être attentif à ses souffrances, et créer des réels rapports de force pour mettre en place les conditions dalternance qui permettraient de prendre des mesures pour soulager un tant soit peu ce peuple, de ses soucis les plus cruciaux.
Djess dia moungouansi
Le blog de Djess
http://demainlecongo.oldiblog.com
(1) Indicamétrie est une science du Pr Moustapha Diabaté dont un des objets est de mesurer la quantité de valeurs qui gît dans lesprit dun homme, son potentiel dagir positif et négatif.
</w:breakwrappedtables></w:compatibility></w:worddocument></xml>