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Comment organiser sa propre défaite

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C'est un truisme de dire que le Congo est un pays béni des Dieux avec des ressources naturelles abondantes, c’en est un autre de  se résoudre à accepter qu’on y trouve sans conteste,  l’opposition la plus sclérosée d’Afrique. Depuis un certain temps, les grandes manœuvres politiques semblent désormais être l’apanage du PCT et de ses acolytes. L’opposition congolaise, essoufflée par une espèce d’incapacité   à s’organiser, est assujettie à la conduite des affaires que lui impose le pouvoir. <o:p></o:p>

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Dans « <?xml:namespace prefix = st1 ns = "urn:schemas-microsoft-com:office:smarttags" /><st1:PersonName w:st="on" ProductID="La Trag←die">La Tragédie</st1:PersonName> du pouvoir »(1978), Alfred Sauvy écrit : « La démocratie ne consiste pas à s’unir mais à savoir se diviser. L’unanimité, le plein accord, est un mauvais signe. » Par conséquent,  l’opposition a le devoir, autant que faire se peut, de faire plier le régime en place, afin de concevoir de manière consensuelle, les conditions d’une concurrence ouverte pour le pouvoir et qui soient compatibles avec le respect et la promotion de tous les droits de la personne humaine : civils, politiques, culturels, économiques et sociaux.

Quel que soit le contexte politique ( démocratie ou dictature), l’opposition constitue non seulement un contre pouvoir, mais elle représente aussi la possibilité d’une alternance politique. Enfin, elle permet le renouvellement du personnel politique.

 Au Congo, Sassou et son clan jouent  une partition aisée alors que l’opposition est complètement désemparée, faute d’un projet politique fédérateur. Contre toute attente, on observe une  ruée vers la mangeoire de Mpila, et ceux qui sont censés incarner une véritable alternance rivalisent de médiocrité et d’amateurisme. Or, conquérir un pouvoir ou s’y maintenir, comme on l’a expliqué à maintes occasions, est forcement une question de gestion des rapports de force. Cette gestion repose, sous d’autres  cieux, sur des valeurs qui fondent l’universalité de sa pratique et de son ancrage au sein de la population.<o:p></o:p>

L’argument qui consiste à dire que l’on souhaite changer les choses du dedans ne prend plus. Seuls ceux qui l’avancent font encore semblant d’y croire, le reste des citoyens a été depuis longtemps édifié sur ces questions. Conséquence, on est en pleine crise de confiance entre ceux qui sont guidés  par le boukoutage éhonté et la partie de l’opposition susceptible d’incarner une véritable alternance. Cette dernière  subit des réguliers coups de  boutoirs de la part du pouvoir  au point qu’elle s’amenuise chaque jour comme une peau de chagrin.

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Tel un enfant conçu  à partir d’un viol, le régime de Sassou né dans la violence, se nourrit exclusivement de cette sève violente. Que l’on prenne en compte la violence ouverte à travers laquelle  Okombi Salissa par exemple, au nom de la victoire contre le peuple congolais et la démocratie, s’autorise d’aller agresser un collègue du gouvernement, ou que l’on examine la violence insidieuse distillée à dose homéopathique au sein de la société, on est édifié sur une chose : comme la constitution de 2002, la terreur est l’allié redoutable, à la hauteur de ses ambitions que Sassou s’est taillé. C’est pour cette raison qu’il s’emploie par des moyens divers à asservir, à faire souffrir, à anéantir  le peuple congolais, car l’ordre établi n’est que la manifestation de cette violence masquée qui ne permet exclusivement que l’exploitation, la répression, voire l’anéantissement des personnes. <o:p></o:p>

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 Il s’applique à diffuser une atmosphère de crainte dans la société avec pour finalité l’étouffement de toutes velléités contestataires.  Cette atmosphère de crainte devient une  ressource stratégique du pouvoir, car, ce régime incapable d’inventer  des politiques de développement efficaces pour le pays, se sert de cette violence comme alibi derrière lequel il se cache pour justifier la frivolité de son action gouvernementale. Quand le peuple  réclamera de façon énergique des élections libres et transparentes, ils brandiront  le spectre de la violence en érigeant la consolidation de la pseudo-paix en objectif prioritaire au détriment d’autres priorités au demeurant plus pressantes.<o:p></o:p>

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Le peuple congolais, mis dans  l’impossibilité  de lever un seul doigt  dans cette période la plus sombre de son histoire, quand bien même il est soumis  aux affres inimaginables : privé d’eau potable, exposé aux pathologies moyenâgeuses, voué aux coupures quotidiennes d’électricité, aura-t-il les ressources nécessaires pour développer une révolte à la hauteur de ces épreuves méprisantes et vexatoires ?<o:p></o:p>

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La machine électorale de 2001, bien que rouillée par la corruption et  l’incompétence, est déjà mise en branle pour tenter d’abuser  une fois de plus la confiance des congolais qui avaient fermé les yeux en 2002,  période post-conflit chargée d’incertitudes et de passions. Le clan des marchands de la peur, à la tête duquel se trouvent  Ibovi et Alain Akouala, a repris du service. Ces marchands du cynisme abscons ne sont jamais d’honnêtes citoyens, ils sont de véritables empoisonneurs sociaux. Comme le sentiment de honte est inconnu dans leur univers,  ils nous remettent le découpage électoral inique de 2001 par le biais duquel certaines parties sous-peuplées de notre pays étaient devenues artificiellement plus peuplées que celles à forte densité de population.<o:p></o:p>

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Comme beaucoup d’experts, analystes et autres observateurs  attentifs au Congo l’avaient prévu, Sassou ne mettra jamais en place une Commission Electorale Nationale Indépendante  ( CENI), il ne reviendra pas sur le découpage électoral ibovien si on ne l’y contraignait pas. En somme, il n’organisera jamais son propre suicide, son égo est tellement surdimensionné  qu’il refusera  d’être derechef battu à plate couture . Le scénario idéal concocté  dans les officines de Mpila se réalise au grand dam du peuple congolais qui a mis tous ses espoirs sur l’opposition. <o:p></o:p>

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Suite à une mise en garde de l’UPADS, lue le samedi 10 février 2007 au cours d'une conférence de presse animée par M. Mouanda-Mpassi, Secrétaire National chargé de <st1:PersonName w:st="on" ProductID="la Communication">la Communication</st1:PersonName> et des Nouvelles Technologies du parti des Trois Palmiers, s'exprimant au nom de l'opposition congolaise, un des partis  satellites du PCT, « Force Citoyenne »,  par la voix « du Ministre des démentis » a jeté l’anathème sur  l’opposition en qualifiant les principaux acteurs de « pervers » et « vagabonds politiques ». C’est encore avec le  mépris que ce même ministre a répondu à l’article de A. Edouard Poungui qui ne réclamait ni plus ni moins, qu’une mise en place d’une CENI.  La preuve est aujourd’hui faite, qu’il serait illusoire de s’attendre à une organisation consensuelle des élections de la part de  cette race de rapaces qui n’a aucun respect pour l’opposition. Par conséquent, si l’opposition entend jouer un rôle historique dans  l’amélioration des conditions de vie de leurs concitoyens, des actions décisives doivent être entreprises.<o:p></o:p>

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Alors que les choses vont à vau-l’eau au Congo, Sassou prend un malin plaisir  à tenir des propos  aux relents nauséeux dans « Jeune Afrique », et dans une insolence méprisante, il  est  presque surpris que les congolais ne se plaignent plus, même quand  il va dilapider - avec l’aide de toute l’Oyocratie-,  l’argent du contribuable congolais dans les Palaces new-yorkais et parisiens. Quel cynisme !<o:p></o:p>

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Le peuple congolais attend de l’opposition un leader qui se prononce sur les questions essentielles, qui l’éclaire, demeure constant dans ses prises de positions, qui ne tergiverse pas et qui s’est doté de cet art combinant les actions  visant sa marche inéluctable vers le  pouvoir. Aujourd’hui, si celui-là existe, il doit certainement lui manquer des agents capables de porter son projet et d’assurer l’extension de sa pensée.<o:p></o:p>

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Comme si notre pays n’a plus des vrais leaders, ceux qui sont censés représenter l’opposition  étalent des catalogues d’idées creuses  aux antipodes   de desseins clairement exprimés. Personne ne songe à mettre en avant  une réelle  stratégie sans laquelle toutes les idées du monde  seraient vaines. Les idées ne servent en effet à  rien sans réelle stratégie. En effet, avant de  réclamer à cor et à cri une Commission Electorale  Nationale indépendante, la priorité consistait de s’attaquer au préalable à la loi inique de 2001 qui a consacré les élections de 2002.<o:p></o:p>

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Où sont donc passés ces congolais, amoureux de leur patrie,  capables de concevoir et animer une espèce de « révolution orange » à la congolaise ? L’opposition congolaise a besoin de ce sursaut susceptible de démonter le système en place et venir à bout des préjugés et des peurs entretenus par la propagande du clan de Mpila, afin de sanctionner ce régime politique issu du coup d’Etat du 5 juin 1997.  Ni le mutisme actuel, ni les communiqués laconiques publiés çà et là, n’ouvriront une véritable voie à la réhabilitation du processus démocratique enclenché à <st1:PersonName w:st="on" ProductID="la CNS. Il"><st1:PersonName w:st="on" ProductID="la CNS.">la CNS.</st1:PersonName> Il</st1:PersonName> est urgent  de disposer d’une connaissance pertinente des seules ressources qui comptent à terme : les ressources humaines disponibles pour entreprendre des actions de grande envergure. L’heure n’est donc plus à cette démarche défaitiste qui pousserait au boycott des élections. On ne le dira jamais assez : la politique de la chaise vide n’est pas payante. La question que devrait se poser l’opposition est la suivante : Comment faire pour qu’il en soit autrement ?<o:p></o:p>

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Toutes les victoires majeures des peuples ont été des vraies conquêtes, avec  tout ce qui va avec. Les indépendances conquises ont toujours eu plus de portée que celles reçues en « cadeau » de l’ex-colonisateur. <o:p></o:p>

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Peut-être que la conscience de courir à sa perte inspirerait à l’opposition des solutions de sagesse et de bon sens. Pour le moment, il faut le reconnaître, dût notre amour propre en souffrir, l’opposition congolaise ne ménage aucun effort pour le maintien de Sassou aux affaires. <o:p></o:p>

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En réalité, il convient de briser l’aboulie et rétablir un climat de confiance  qui  casserait cette logique de non démocratie générée par la monopolisation du pouvoir par le PCT et  arriver à une dévolution du pouvoir digne des nations modernes. Nous sommes en face d’un pouvoir qui n’a aucune ambition noble pour le pays, il revient donc à tous les congolais de concevoir  un dispositif qui mettrait en avant l’alternance comme  moyen assurant la continuité de l’Etat.. Afin de mettre définitivement le peuple à l’abri des affres des guerres civiles et éviter les bégaiements de l’Histoire à chaque alternance, ce dispositif devra être conçu de manière consensuelle.<o:p></o:p>

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 L’opposition doit prendre ses responsabilités. Elle doit travailler à se ménager un parcours  héroïque et digne dans l’Histoire. En définitive, on ne trompe pas l’Histoire ! On se bat contre, ou, lâche, on se tait, et on se résigne à en être l’esclave.<o:p></o:p>

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Djess dia Moungouansi

 

Cet article a déjà été publié sur http://www.mwinda.org/article/djess6.html 

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