• Oyocratie : et si c’était la fin de règne ?

     

                                     

    Oyocratie : et si c’était la fin de règne ?<O:P></O:P>

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    Assurément, notre pays est en train de rater le train de la démocratisation que <ST1:PERSONNAME productid="la CNS">la CNS</ST1:PERSONNAME> avait gracieusement mis à notre  disposition. La dévolution du pouvoir par les urnes, une  perspective renvoyée aux calendes grecques. L’espoir que certains naïfs avaient mis sur le retour de l’ordre kaki incarné par Sassou  se transforme chaque jour en cauchemar. C’est le moins qu’on puisse dire… .C’est l’autocratie à la sauce d’Oyo qui éclate dans toute son horreur et  propage de façon insidieuse, aux tréfonds de la société congolaise, ses venins dont  les plus saillants sont : corruption, gangstérisme politique, allégeance etc..

    Plus d’une décennie après son retour sanglant au pouvoir, Sassou semblait résister à tout. Avec la levée de bouclier du peuple de Pointe-Noire, mise à jour à l’occasion des obsèques de J.P Tchystère Tchikaya, ce peuple , jadis tolérant à l’égard de ce pouvoir, par la présence de Mme Tchibota qui est une des leurs, on  est presque stupéfait par l’ampleur de sa détermination.

    Plutôt que de pérorer sur les turpitudes du clan de Mpila, la réflexion devrait à mon avis  être axée sur  ces signes avants coureurs de fin de règne, gros comme le nez sur la figure, nourris qu’ils sont par les structures historiques de violence et de prédation que favorisent désormais cette absence d’Etat.

    Tout observateur attentif, attaché à ce pays martyrisé, pouvait  le prévoir, n’en déplaise aux conseillers de Mpila qui  minimisent  la portée des ces actes, le pire est  à craindre.

    Les rafles opérées dans le milieu de l’illustre disparu ne feront pas baisser la tension, au contraire, elles créeront des  fortes coalitions .Ces jeunes qui ont entre 20 à 40 ans qui n’ont jamais connu un bulletin de salaire et  qui savent que 300 000 barils /jour de pétrole sont produits par notre pays, exigeront de voir la couleur des pétrocfa. En définitive, tous les jeunes du Congo se reconnaissent en ces jeunes et sont prêts à apporter leur solidarité.

    Les quelques marionnettes du Pouvoir de Mpila au Kouilou ne constituent  plus ce rempart redoutable face à la colère d’un peuple qui contemple tétanisé, l’arrogance d’un pouvoir autiste.

    La lourde atmosphère qui s’est établie avec entêtement au Congo-Brazzaville, ressemble à s’y méprendre aux deux fins de règne dictatoriales les plus emblématiques, mais surtout riches en enseignements. Cette ambiance morose est symptomatique d’une histoire qui tourne court, d’autant qu’elle joue contre son peuple, les ingrédients de son anéantissement sont inhérents à un tel système.

    Le 25 décembre 1989, à la faveur de la chute du mur de Berlin, le peuple roumain se souleva en emportant tout sur son passage. Reniant  le contrat qui le liait à son client, l’Avocat  de  Ceausescu n’avait d’autre choix que de persuader son client que le préjudice qu’il a fait subir à son peuple ne méritait ni plus ni moins que la peine capitale. A la suite d'un « procès » expéditif rendu par un « tribunal » auto-proclamé (une cour martiale de complaisance), réunie à Târgovişte, Nicolae Ceauşescu et Elena Petrescu, coupables de « génocide », étaient condamnés à mort et aussitôt fusillés dans la cour intérieure du « tribunal ».

    Toute proportion gardée, la révolte  de Pointe-Noire par sa spontanéité, fera des ravages et en appellera d’autres.  Une brèche est manifestement ouverte…

    Le Général NGouolondélé, écarté du boukoutage, néanmoins, père du maire nommé de Brazzaville, discourait avec emphase, à qui voulait l’entendre sur le régime actuel qui connaîtrait ses derniers soupirs, tant, la sécurité d’Etat qu’il dirigea de main de maître pendant longtemps, devenait incapable d’anticiper de tels soubresauts. Il a superbement oublié l’eau qui a coulé sous les ponts, l’omniprésence du téléphone portable et de l’Internet  qui ont mis a mal tout le système de fonctionnement rudimentaire basé exclusivement sur la délation et la corruption. Désormais, tout ce qui se dit ou s’écrit à Tchambitso  à l’instant (t)  est relayé à Brazza la seconde suivante. Par conséquent, plus besoin de Télécongo ni de  la Télé de Dabira, émanation du pouvoir pour savoir que notre pays reçoit entre 300 et 350 milliards de Cfa de recettes pétrolières chaque mois.

    Par les similitudes, nous sommes plus proches du fin de règne du Président Fondateur MOBUTU . Le 7 Septembre 1997, le léopard qui s’est  couché sans cris ni crocs, victime du déluge qu’il menaçait de faire subir à son peuple. Il  mourut loin de sa patrie pour l'avoir traitée pas comme son bien personnel mais telle une chose que l'on méprise. Il crut qu'il était l'homme, au dessus des hommes. Il a assassiné, il a appauvri la population, épargné et enrichi ceux qui lui obéissaient au doigt et à l'oeil. Il menait grand train pendant que le peuple croupissait dans la plus sombre misère de l'histoire de son pays. Cà ne vous rappelle rien ?

    Eh ben, Sassou enrichit tout ceux qui lui font allégeance, transforme ses opposants en esclave, nomme des incompétents à des postes de responsabilité stratégiques,  mais surtout encourage les détournements pour offrir une occupation  à sa  cour. La déliquescence du système se traduit par ce laxisme,  et l’évaporation par Okombi Salissa de  900 millions de Fcfa dans le tourbillon de son village Lekana, est une manifestation du  pourrissement de ce  système. Pour service rendu, il se sait à l’abri de toute sanction . Au contraire, il gagne l’estime de son chef  qui a cette propension à récompenser les  brigands.  C’est donc cette pépinière de salauds qu’il a scrupuleusement entretenue pour assurer sa survie dans un environnement qu’il a pourri  à dessein.

    Le contraste est net entre les rémunérations et le coût de la vie, entre les salaires effectifs et certaines marques de standing. Comment expliquer, en effet, l’étalage des signes les plus ostentatoires de la richesse, villas grandioses au style postmoderne , construites derrière de hauts murs surmontés de barbelés, multiplication des véhicules tout-terrain, omniprésence des téléphones portables... ? Ces manifestations d’opulence jouxtent la misère la plus criante (développement de la mendicité, ruine des équipements publics...). L’inflation galopante et le manque de perspectives expliquent le marasme ambiant, mais aussi les marques de mécontentement comme la révolte de Pointe-Noire.

    Cet effritement du tissu social est à la base de la perte des valeurs qui inexorablement conduisent les congolais vers un matérialisme frénétique dans la recherche du bien-être. Ceux qui s’enivrent des abondantes recettes pétrolières sont malheureusement incapables de créer de la richesse, seule l’opulence reste leur seul programme de société.

    Le 18 avril 1980, le président de la Tanzanie, Julius Nyerere, s’adressant à un autre dictateur Robert Mugabe avait dit: «Vous héritez d'un bijou, prenez-en bien soin!».Il est temps que le peuple congolais à l’unisson dise à Sassou « Vous avez suffisamment abîmé ce bijou, remettez-le aux vrais patriotes, une fois de plus, par leur indulgence légendaire, il se peut que le peuple vous pardonne de l’avoir appauvri et d’avoir fait de lui, le plus endetté sur terre par tête d’habitant. »

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    Djess dia Moungouansi

    Le Blog de Djess

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    http://demainlecongo.oldiblog.com

    Cet article est publié sur Mwinda:

    http://www.mwinda.org/index.php?option=com_content&task=view&id=378&Itemid=1

     

    http://www.congo-internet.com/dossiers/dossiers.php?val=617_oyocratie+si+cetait+fin+regne+

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  • Commentaires

    1
    visiteur_Benda
    Jeudi 17 Juillet 2008 à 19:27
    Salut Djess

    Ton éclipse était longue, et tu nous a privés de tes articles pertinents dont nu as le secret.

    Bien à toi
    2
    djes
    Jeudi 31 Juillet 2008 à 01:47
    Salut Benda

    Le temps...Le temps...Dans tous les cas, je serais toujours là où l'on parlera du Congo.

    Djes
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