• Le Congo de Sassou ou l’apogée du tribalisme d’Etat à l’état pur

     

    Le Congo de Sassou   ou  l’apogée  du  tribalisme d’Etat à l’état pur.

     

    Construire une nation est un travail de longue haleine qui suppose un désir de vivre ensemble entre peuples d’origines diverses ayant entériné un projet commun. Ce projet doit être la rampe de lancement sur lequel tout doit s’appuyer. Cependant, depuis un certain nombre d’années, notamment depuis le retour de Sassou au pouvoir par les armes ;l'utilisation subliminale du tribalisme  est devenue la  figure classique de la chorégraphie politique dans notre pays, toujours pour le pire. De fait, notre pays s’abîme inexorablement dans une grave crise économique, sociale et politique.


     Paradoxalement, l’augmentation exponentielle de la rente pétrolière,  qui aurait pu desserrer certaines contraintes financières, pour envisager l’avènement  du  pays de Cocagne, a érigé un véritable  temple du  tribalisme, un  lieu de chaos, de l'anarchie et de l'explosion de toutes les forces anti-culturelles.


    Le Congo est devenu un foyer d’abjections et de miasmes sur fond d’exacerbation d’un  tribalisme d’Etat. Le tribalisme d’Etat comme doctrine  et comme stratégie pour la pérennisation du pouvoir, mais surtout pour la  conquête des secteurs de l’économie jusque là abandonnés par ce pouvoir tribal, qui avait toujours privilégié les métiers des armes ( 95% des Généraux de l’armée sont du Nord et 75% sont Mbochis, 75%  des boursiers de FAC sont originaires de la partie septentrionale du pays en général en particulier de la Zone  Cuvette- Plateaux, 75% des postes de responsabilité au sein de la FAC sont confiés à des originaires du département de la Cuvette)(1) .


     Dans les officines de Mpila, tout est par conséquent, mis en œuvre pour que dorénavant, seuls les ressortissants du département de la Cuvette , notamment du groupe ethnique Mbochi  soient  « admis » aux concours d’entrée à la Gendarmerie, à l’ENAM ( Ecole Nationale d’Administration et de Magistrature) et à la Faculté des Sciences de la Santé. Une véritable chasse gardée d’un  pouvoir inspiré par une logique aux contours flous.


    Ces concours d’entrée dans ces grandes écoles, autrefois basés sur des critères clairs et équitables, sont depuis lors,  instrumentalisés pour satisfaire des ambitions tribalistes d’un dictateur et de son clan. Or, le mélange entre  l’institutionnalisation  des notes sexuellement transmissibles et le tribalisme est excessivement explosif, au point où ;  dans dix ans, on se retrouvera  avec des décideurs rompus à la corruption, aux milles lieues de la   probité morale.


    Nous avons encore en mémoire  la COTRADE, cette lugubre société  à travers laquelle Sassou et son clan ont,  sans état d’âme,   siphonné  les recettes pétrolières. Pour poursuivre leur œuvre de pillage systématique des richesses pétrolières et conserver à tout prix le pouvoir dans le giron Mbochi, Sassou a nommé, le 29 décembre 2009,  son  fils Dénis Christel Sassou Nguesso au poste de Directeur Général de la SNPC. Une démonstration de force, sans équivoque, pour affirmer à la face du monde que le pétrole, qui procure 67% des recettes budgétaires et 90% des  devises du CONGO, reste et restera  l’apanage exclusif du clan Mbochi.


    Certaines  turpitudes avaient été évoquées dans  «  La lettre du Continent n° 579 », elles   mettaient à nu  une pseudo  confrontation ethnique sur fond de gestion de la principale ressource du Congo qu'est le pétrole. Elle  opposerait Mbochi d'Ollombo et Mbochi de Boundji. Elle ne concerne que les fils d'un même périmètre du territoire national. Un flagrant délit de « tribalisme gouvernemental ».  C'est le Congo actuel, où un clan de mafieux s'empare de la principale ressource du pays.


    Songez que, depuis la création de la SNPC, seul un ressortissant de la Cuvette peut en être DG. Cela ne leur suffit pas, tous les secteurs d’activité économique sont entre leurs mains : Sécurité privée, ( Maurice Nguesso),transport aérien ( Maurice NGUESSO, Edgard NGUESSO, Jean Jacques BOUYA), grands travaux ( Jean Jacques BOUYA), bâtiment, hôtellerie ( Ninelle SASSOU NGUESSO, Cendrine SASSOU NGUESSO, Feue Edith-Lucie SASSOU NGUESSO, Denis Christel SASSOU NGUESSO), radio(Maurice NGUESSO ), transactions immobilières, téléphonie mobile, l’eau(Eugène NGUESSO),Communication (Maurice NGUESSO, Claudia , Joujou) etc..


    Une hégémonie ethno-économique  susceptible de faire pâlir de jalousie la famille de l'ex-président tunisien BEN-ALI  qui avait réussi à mettre  la main sur 40 % de l'économie du pays. L'emprise de sa femme Leïla et des siens qui ne cessait de s'accroître n’a été  étouffée dans l’œuf que par les forces vives de ce pays.Or, à l’allure où vont les choses, avec des   congolais tétanisés par la terreur, principal carburant de ce  régime, ce n’est pas 50 %  mais 80 à 90% de l’économie congolaise qui risque d’être sous les fauches caudines de cette empire du mal.

    D’aucuns objecteront sans doute que, les inondations à Mossaka étaient  toujours d’actualité et  que le Mbochi lambda aux tréfonds de la Cuvette Ouest , continuait de tirer le diable par la queue. Mais tout de même, ce sont les ressortissants de cette partie du pays, aidés par une clientèle prompte à  marcher sur leur probité morale, qui mettent à sac, les pans entiers de l’économie du pays.

    Moralité : la sensation de sécurité  induite par le tribalisme n’est qu’une poudre aux yeux. Ce sont les vertueux, les plus méritants et les plus compétents, d’où qu’ils soient,  qui en pâtissent. Aucun patriote ne peut se satisfaire d’une telle politique rétrograde, car elle renvoie aux calendes grecques, la construction d’une véritable nation.

    Par conséquent, ce sont les pratiques tribalistes, davantage que les privations de libertés politiques, qui feront  imploser le système et conduiront, tôt ou tard  le peuple congolais  dans la rue.

    Le tribalisme a tellement détruit ce qui restait de valeurs morales,  qu’à l’image de Théophile Obenga,  les intellectuels ont fini par déserter, tout bonnement le domaine de la réflexion et se livrent sans honte au culte du Président de la République.Les syndicats sont à la solde des dirigeants qui ont ainsi réussi à briser toute forme structurée d’expression.


    Au sortir de la CNS, nous avons tous cru que le pont était fait entre le passé auquel on associait la gabegie, les assassinats, le tribalisme et  le monopartisme et le futur qui suscitait l’espérance puisque notre destin, pensait-on, était désormais entre les mains « des élus » qui auraient à tout moment une espèce d’épée de Damoclès représentée par l’éventuelle sanction des mandants que nous étions. On s’était royalement trompés ; nous sommes face à un monstre à mille têtes, le tribalisme qui se nourrit malheureusement de pétrole et qui éructe les pestilences d’une  misère à grande échelle.

     

    Djess dia Moungouansi ;   Membre du Cercle de réflexion « LA RUPTURE »

     

    (1)   Source :  http://www.talassa.org/politique/692-apres-lassemblee-generale-de-glc-qui-a-paralyse-brazzaville-

     

    Le Blog de Djess

     

    http://demainlecongo.kazeo.com/


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