• GBAGBO et SASSOU : même combat.

    GBAGBO et SASSOU : même combat.

     

    Qu’on ne se méprenne pas ! S’autoproclamer défenseur de la souveraineté d’un pays ne doit pas absoudre un  dirigeant  de se conformer aux principes élémentaires de la démocratie, au premier desquels  il y a le respect des suffrages du souverain primaire. Le vote du peuple, clé de voute d’un système démocratique, doit être l’allié incontestable de tout combattant et résistant contre le néocolonialisme.

     

    Les Africains ont encore en mémoire ce grand nationaliste, figure de proue des  indépendances africaines SEKOU TOURE ; qui  défia de façon tonitruante l’ordre colonial français. Au lendemain de sa mort, on découvrit avec stupéfaction l’œuvre  du   «Petit Staline des Tropiques ». Un bilan désastreux qui éclata dans toute son horreur. Celui qui se targuait être proche du peuple, le haïssait en réalité. Un chouïa paradoxal donc.

     

    Par la portée des tacles qu’il assène avec maestria à ses adversaires politiques, le plus «  Grand Boulanger » de l’Afrique de l’Ouest -  un qualificatif qu’il a acquis par sa capacité à rouler les autres dans la farine- , Laurent Gbagbo a pu bon an, mal an, régner sur la Côte-d’Ivoire depuis 10 ans. 

     

    Une loi expérimentée depuis plus d’un quart de siècle en Afrique Centrale, au Congo-Brazzaville  par Sassou Nguesso, a eu les faveurs de Laurent Gbagbo. C’est la loi du plus fort selon laquelle on gagne quel que soit le sens du vote des populations.  Laurent Gbagbo a ainsi usé de la technique qui consiste à répandre la peur au sein de la population aux fins de la tétaniser.  Sous la pression internationale, il a accepté la mise en place d’une CEI, mais de toutes les façons,   il n’aurait jamais accepté les conclusions de cet organe, surtout quand elles allaient dans le sens de sa défaite. Le retard pris dans la proclamation des résultats, notamment  cette épisode surréaliste  dans laquelle Damana Pickass arrache les feuilles des mains de Yacouba Bamba, les froissent avant de les déchirer,  procédaient  des manœuvres dilatoires, imaginées par le clan Gbagbo.

     

    Lors de son passage en force en 2009, Sassou ne s’est même pas donné cette peine. Les officines de Mpila organisèrent des tripatouillages à grande échelle. Défiant toute logique mathématique, certaines circonscriptions au nord du pays, devenaient artificiellement plus peuplées que celles qui par leur densité regorgeaient plus d’électeurs. Pire, ils concoctèrent de toute pièce, des curieuses  circonscriptions qui auraient plus d’électeurs que d’habitants. Le comble de l’impudence. Personne ne pouvait en rêver, Sassou l’a fait !

     

     Sous les fourches caudines de la communauté internationale, Gbagbo ne pouvait réaliser un tel exploit, mais c’était sans compter  les dernières flèches de son carquois : comme Sassou, le Conseil constitutionnel à la tête duquel il a  positionné ses hommes, mettra  littéralement  à mal les derniers espoirs démocratiques.

     

    Comme au Congo en 2009,  où le fiasco électoral sans précédent, s’était soldé par un taux de participation cuisant de 5% .  Toute honte bue, la Conel, organe de propagande de Sassou  a eu l’outrecuidance de proclamer un taux  imaginaire de 78,65% des votes des congolais qui se seraient portés sur Sassou.  On retrouve la même race  de personnes dans l’entourage de Laurent Gbagbo. Paul Yao N'dré dit Pablo, Agrégé de Droit  de la Faculté de Nice sert de caution intellectuelle  à Gbagbo en le proclamant vainqueur de la présidentielle avec 51.45 % des suffrages.  Le résultat  de la  Commission électorale indépendante (CEI)  donnant Alassane Ouattara en tête avec 54.1% est par conséquent invalidé par ce même Conseil Constitutionnel.

     

    Rien d’étonnant, toutes les dictatures ont ceci de commun : elles se sont toujours appuyées sur les intellectuels pour assouvir leur soif de pouvoir. Cette caution leur donne l’impression d’être des grands hommes qui font l’Histoire. Ils sont ainsi noyés dans une espèce d’ivresse que procure l'image de soi que leur renvoient chaque jour, les medias ; la sensation d'être Dieu parce qu'ils détiennent entre les mains, le pouvoir de défaire des vies, d'en fabriquer, d'ordonnancer même la mort et de l'administrer; la crainte, l'envie, la soumission et la terreur qu'on suscite autour de soi.

     

    Du côté de Brazzaville, à la faveur de l’affaire des biens mal acquis, les thuriféraires du régime  se sont offusqués contre la décision de la cour de cassation de Paris, arguant  une souveraineté nationale qui aurait été mise à mal par la justice française.  De quelle souveraineté parle-t-on quant on sait que Sassou fit envahir son pays par une  horde de soldats angolais et autres génocidaires hutus rwandais dans le but de semer mort et désolation ….pour la seule conquête du pouvoir ?  Comme dans la cour du Roi Gbagbo, les amis du grand homme de Mpila rivalisèrent des mâles propos, en se positionnant en ultime rempart contre le néo colonialisme et le racisme français ; alors que ce régime est passé maître dans le bradage du pétrole congolais, sans se soucier des inconvénients et autres pathologies  liées à l’exploitation du pétrole au sein des populations autochtones.

     

     

    La crise ivoirienne met exergue cette félonie qui caractérise tous les dictateurs Africains: ils prétendent défendre la souveraineté de leur Etat tout en manifestant un réel mépris envers la voix de leur peuple. Leur combat, exclusivement axé sur leur  pérennisation au pouvoir contre vents et marrées, est bien différent de celui que mène  la plèbe, qui se dépatouille dans la fange. Une urgence : les Africains doivent comprendre pour s’armer contre les basses stratégies de ces dirigeants véreux, qui tirent les ficelles  dans le clair-obscur, mais pour la satisfaction exclusive de leurs  intérêts égoïstes.

     

     

    Djess dia Moungouansi   Le Cercle LA RUPTURE

     

    Le blog de Djess   http://demainlecongo.kazeo.com 

     


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