• Congo-Chine : un partenariat gagnant gagnant à demi teinte

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    Congo- Chine : un partenariat gagnant- gagnant à demi teinte.<o:p></o:p>

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    Dans le Livre Blanc publié en début d’année en Chine, on peut lire : « <st1:personname w:st="on" productid="la Chine">La Chine</st1:personname> œuvre à établir et à développer un nouveau type de partenariat stratégique marqué par l’égalité et la confiance mutuelle sur le plan politique, la coopération dans un esprit gagnant-gagnant sur le plan économique ». Ce catalogue d’intentions, remarquable par sa forme, l’est moins dans  son fond. C’est l’heure de la « realpolitik » chinoise. Avec  10% de part de marché en Afrique subsaharienne, <st1:personname w:st="on" productid="la Chine">la Chine</st1:personname> en est devenue le premier fournisseur devant l’Allemagne et <st1:personname w:st="on" productid="la France.">la France.</st1:personname>

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    Dans la frénésie de cette croissance du volume des échanges de l’Afrique avec la nouvelle superpuissance mondiale que constitue <st1:personname w:st="on" productid="la Chine">la Chine</st1:personname>, les africains en général et les congolais avec eux, se mettent à rêver.  Rien d’étonnant quand on sait que les égards que <st1:personname w:st="on" productid="la Chine">la Chine</st1:personname> montre envers nos pays changent la manière de regarder le continent africain. Ensuite, <st1:personname w:st="on" productid="la Chine">la Chine</st1:personname> semble a priori offrir des prestations de qualité, réalisées pour des prix bien inférieurs à ceux que pratiquent les entreprises européennes. Les entreprises chinoises raflent par conséquent les appels d’offre en les contournant, notamment dans le bâtiment et travaux publics où ils proposent des prix moins élevés, pour des prestations de même qualité, réalisées en temps record, sans faire appel aux sous-traitants locaux.

     

    Or,  ce que les chinois appellent deals win-win ( accords gagnant-gagnant) est un véritable leurre car l’autre  facette est moins reluisante. La naïveté congolaise  semble donner de l’ampleur et de l’emphase à cette envolée des échanges entre notre pays et le pays du matin tranquille, superpuissance mondiale. Loin d’être dans des relations de type nouveaux basées sur le respect mutuel, nous sommes en réalité, en face d’une « appétissante collaboration chinoise» qui rafle tout sur son passage : droit de l’homme, écologie, morale, bref, tout ce qui entoure des rapports de coopération normaux est occulté

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    Sous prétexte de n’avoir aucun passif colonial avec les pays africains ( aucune occupation, ni guerre coloniale à se faire pardonner), les chinois sont peu regardants sur  la nature des  régimes politiques que leurs financements peuvent contribuer à soutenir. Ils  mettent au même diapason des régimes vertueux, ayant fait siennes les fondamentaux démocratiques,  comme celui du bénin et le régime  corrompu de Brazzaville.

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    L’on sait que les valeurs prônées au sommet des Chefs d’Etats d’Afrique et de France à <st1:personname w:st="on" productid="la Baule">la  Baule</st1:personname> en 1990 ont sonné le glas au monopartisme en Afrique et ont été à l’origine des avancées démocratiques significatives sur notre continent, mais il est aussi opportun de reconnaître que les pays européens n’ont jamais été exemplaires et leur influence a toujours été perçue comme le premier pilier qui soutient les chefs d’Etats corrompus. <st1:personname w:st="on" productid="la France">La France</st1:personname> par exemple n’a jamais rompu avec les pratiques du passé et de <st1:personname w:st="on" productid="la Fran￧afrique">la Françafrique</st1:personname>  en soutenant sans réserve certains dirigeants locaux, incompétents, illégitimes et corrompus. Ainsi, affirmer certaines choses sans nuance, donnerait raison aux chinois et la leçon de morale occidentale  soulèverait certainement des tempêtes de rires dans certains pays africains.

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    En disant cela, il y a un risque réel  de tomber dans le piège du renvoi dos à dos. Chacun connaît la ritournelle «  Affaires intérieures, …pas d’ingérence…on a le droit  de faire des affaires avec n’importe qui…, la démocratie est un luxe qui n’est pas pour les pauvres, ou du moins n’est pas pour eux une priorité, etc…). De même, il paraît  saugrenu et outrecuidant de vouloir que <st1:personname w:st="on" productid="la Cor←e">la Corée</st1:personname> du Nord se démocratise et, à défaut,  que <st1:personname w:st="on" productid="la Chine">la Chine</st1:personname> renonce à y  conserver un bastion stratégique.

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    La stratégie chinoise inspirée par  un « dumping d’Etat »,vise l’anéantissement des entreprises existantes dans les nouveaux territoires de conquête pour  installer des insidieux comptoirs coloniaux. Le commerce informel pratiqué par les chinois, met à mal ce secteur  qui autrefois jouait  un rôle d'adoption des migrants et un rôle d'accueil des agents économiques exclus du secteur officiel. Quiconque se rend aujourd’hui dans le moindre petit commerce congolais risque d’être surpris par la quantité de produits chinois qu’on y trouve. Des produits de première nécessité en passant par des biens de grande consommation, de l’électroménager, des équipements industriels…, ces produits ne sont plus a priori très différents de ceux que l’on peut retrouver en Occident et qui valent à <st1:personname w:st="on" productid="la Chine">la Chine</st1:personname> son appellation d’« usine du monde ». Ce qui frappe ici, c’est la rapidité avec laquelle les Chinois se sont imposés sur les marchés congolais, en particulier ces dernières années. Nos entreprises déjà fragilisées par les affres de la mondialisation, perdent leur compétitivité et ce qui devait être notre fierté nationale est tout bonnement cassée. Notre élan entrepreneurial est ainsi plombé.  En dehors des relations exclusivement commerciales avec les   20 000 chinois actuellement installés sur notre territoire national, aucune mixité susceptible de sceller un avenir commun n’est envisageable avec eux.  Plus grave encore, dans leur cahier de charge, les chinois n’ont aucune obligation de former les autochtones. Par conséquent,  aucune valeur ajoutée ne peut être attendue dans cette coopération, or,  la contribution du capital humain à l’élaboration de la richesse des nations est reconnue universellement, même si certains de ses effets n’apparaîtront qu’à long terme. Ainsi, les investissements en ressources humaines favorisent l’acquisition de certaines compétences et l’accès à l’instruction d’une masse importante de la population. « The formation  is the key of success »  disent nos amis anglais.<o:p></o:p>

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    Une coopération gagnant- gaganant  supposerait que les chinois s’encombrent des exigences qui fondent la tendence actuelle : la mise en  place des “entreprises citoyennes “. Ce sont entreprises qui doivent, non seulement faire  des bénéfices, la raison fondamentale de leur existence, mais qui soient  également dans l’obligation de  faire la promotion dans le développement du citoyen.<o:p></o:p>

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    <st1:personname w:st="on" productid="la Chine">La Chine</st1:personname> a la réputation de ne jamais respecter les conventions internationales.  Leur  sourde oreille et leur obstination  dans la situation du Darfour sont éloquentes. Les impératifs du développement durable étant totalement inconnus dans leur univers, les chinois déboisent nos forêts sans respecter aucune règle de préservation forestière. Nous avons encore en mémoire le ras le bol  des ouvriers de Société nouvelle des ciments du Congo (Sonocc) de Loutété, malheureusement mal relayé par les médias nationaux. L’inobservation des lois du travail et la manifeste dégradation des conditions de salariés se résument par la réaction d’un ouvrier qui a fait le tour de monde: « Il y a ici une injustice pratiquée par la direction chinoise de l'entreprise qui s'apparente à une forme d'esclavage. Nous n'avons pas droit à une visite ou à l'assistance médicales, ni aux congés payés. Et quand un travailleur congolais est malade, le nombre de jours qu'il passe chez lui pour se soigner n'est pas pris en compte dans sa paie à la fin du mois".» (1)

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    Par ailleurs, même si son impact reste dérisoire, les opinions nationales des pays européens qui  participent au pillage systématique des ressources naturelles africaines, rappellent à l’ordre tous les acteurs malveillants. Le travail qu’abattent des associations comme «  Survie » ou «  Global Whitness » pour la défense des intérêts de notre pays, a plus de portée que les petites manifestations de rue congolaises. Cet appui important est inexistants dans nos relations avec <st1:personname w:st="on" productid="la Chine">la Chine</st1:personname>, car, le respect des droits de l’homme dans ce pays n’a jamais été sa priorité. Et toute revendication susceptible de mettre en difficulté l’approvisionnement en matière première provenant d’Afrique pour soutenir la croissance chinoise, est simplement prohibée dans ce pays. Une fois de plus, Lénine avait raison : « Un peuple libre ne peut pas en exploiter un autre ».

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    Pour des raisons liées à notre inadaptation à la nouvelle donne, nous n’avons jusque là jamais réussi à tirer notre épingle du jeu dans nos rapports avec notre ex-colonisateur que nous sommes censés connaître à travers nos relations séculaires, il semble donc hasardeux d’envisager des lendemains fructueux avec un partenaire, prêt à concéder  tous les compromis pour assurer son approvisionnement en matière première. Il n y a que chez nous qu’une telle excessive crédulité  peut avoir cours.

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    Le déferlement économique et commercial des chinois sur notre pays,  ébranlera sans conteste, les fragiles  équilibres géostratégiques congolais. Une chose est vraie : le brassage des cartes s’impose et notre grand partenaire <st1:personname w:st="on" productid="la France">la France</st1:personname> devra en tenir compte, au risque de solder définitivement ce passif colonial.  Face à cette coopération nouvelle,  totalement inconnue, quels recours aurons –nous à long ou moyen terme quand les malfaçons vont apparaître ?  Quel sera alors le coût réel de ces investissements ? Il n’y a guère d’illusions à se faire, une fois de plus, l’Histoire juge des temps saura dire le verdict : nous serons les grands perdants.

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    (1)   Afriquecentrale .info – Le 4 Mai 2007

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    Djess dia moungouansi

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    Le blog de Djess

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    Perspectives congolaises<o:p></o:p>

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    http://demainlecongo.oldiblog.com/

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