• Congo Brazzaville : le risque d'une pérennité dictatoriale



     

     

    Congo Brazzaville : le risque d’une pérennité dictatoriale



    En dépit de toute vraisemblance, la résignation et le doute semblent prendre le pas sur la volonté et la détermination de vouloir changer les choses.

    Quelles sont les raisons réelles de notre passivité face à cette réalité insoutenable ? Est-elle inévitable ? Cache-t-elle un calcul politique ou une absence d’analyse politique ? Est-ce une résignation à la domination de l’empire de Mpila ? Ou une attente pour mieux contre-attaquer ? Que devrions-nous faire idéalement et que pouvons nous encore faire réellement ?

    Pour répondre à cette kyrielle de questions, j’ai opté pour une démarche qui emprunte tout autant à l’observation qu’à la réflexion pure.

    Au hasard, deux exemples de dictatures qui nous édifient non seulement sur la nocivité de ces systèmes, mais encore nous donnent une idée sur leur capacité à se pérenniser.

    • Plus proche de nous; celle de Mobutu dont les 32 ans ont apporté la déliquescence que nous connaissons. Le temps nécessaire pour mettre un pays en miette.

    • Plus emblématique; celle du Commandante en Jefe Fidel Castro de Cuba qui semble défier toutes les lois de la dialectique et s’adapte allègrement à tous les bouleversements internationaux.

    Soyons réalistes : le MCDDI a vendu son âme à la dictature de Sassou, l’UPADS est dans un état comateux avancé, L’URD-Mwinda n’a pas les ressources nécessaires pour renverser seul la vapeur. Les nouveaux petits partis n’ont aucune marge de manœuvre car nés pour la plupart de plates logiques redistributives des réseaux d’appartenance ou des faire-valoir du pouvoir et non des dynamiques démocratiques endogènes avérées. Tous les ingrédients du pessimisme sont réunis. D’ailleurs, il n’existe aucune corrélation entre le nombre de partis dans un pays et la certitude d’une alternance démocratique.

    Ce tableau hideux dessiné par l’opposition, ouvre un véritable boulevard pour la perpétuation de l’une des dictatures les plus rétrogrades d’Afrique. La machine à truquer les élections, mise en branle autour de l’idée de la refondation du PCT, sonnera le glas de l’espoir d’une alternance démocratique. La démarche de Ngouélondélé est, à plusieurs égards, respectable. Cependant, je reste dubitatif quant à son efficacité face aux pratiques d’un pouvoir qui manie l’intrigue comme sa langue maternelle.

    La nuée des ralliements qui se bousculent au portillon de sa cause, procède manifestement d’une réelle urgence du changement. Mais de quel changement parle-t-on ? La vieille classe politique semble s’ingénier à perpétrer une fois de plus, un véritable « hold-up » en faisant main basse sur la démocratie de l’inévitable ère de l’après Sassou. Autre motif de désespoir : le témoignage de l’histoire nous rappelle chaque jour qu’aucun tapage médiatique n’a précédé le renversement d’une dictature : ATT a permis au Mali de jeter les bases d’une démocratie exemplaire en Afrique noire, par le doigté et le bon sens. Kabila père est venu à bout de la redoutable dictature de Mobutu parce que le vieux « Nkoyi » était malade et privé de ses généreux soutiens extérieurs qui le considéraient comme « rempart au communisme » depuis son accession au pouvoir. Malgré cette victoire de Kabila, la RDC a du mal à se relever.

    Renvoyant aux calendes grecques les préoccupations des congolais, Sassou ne s’est attelé depuis son retour aux affaires qu’à l’élaboration des stratégies relatives à la conservation du pouvoir. Une constitution taillée sur mesure, consacrant une dictature constitutionnelle, un parlement croupion, un affermissement des relations par des accords de non agression avec le syndicat des dictateurs d’Afrique Centrale et d’ailleurs (OBO, Deby, Dos Santos, Bozizé), une réactivation des réseaux pour l’élection à la tête de l’Union Africaine et peut-être bientôt une incroyable reconduction, toutes ces manœuvres dilatoires ne visent, à n’en point douter qu’un but : la pérennité de cette dictature odieuse.

    L’œuvre d’Alexis de Tocqueville nous permet de jeter un regard approfondi sur les turpitudes du clan de Mpila. Ce brillant penseur politique français du XIXe siècle avait en effet observé qu’une société se battait d’autant plus contre l’autorité que le niveau de satisfaction des besoins y était élevé. En d’autres termes, les revendications se font plus agressives qu’elles ont déjà été largement couronné de succès, et surtout l’espérance de conquérir des avantages toujours supérieurs ne paraît pas illusoire, ce qui suppose un acquis substantiel de prospérité et de liberté.

    Le préjugé répandu selon lequel un détenteur de pouvoir devrait déguerpir sous prétexte que ses sujets sont mécontents, meurent de faim ou de maladies, est une élucubration fantasque dont l’histoire humaine atteste de la triste rareté. La capacité de survie d’un système dictatorial ne dépend donc pas de son aptitude à satisfaire les besoins de ses membres, mais peut on être tenté de dire, de l’intensité du mépris à l’égard de son peuple. Un système devient d’autant plus périssable qu’il résout davantage de problèmes, et sa longévité d’autant plus assurée qu’il en résout moins.

    En effet, ce n’est pas la stagnation ni la régression qui engendrent les révoltes, c’est le progrès, parce qu’il a engendré tout d’abord les biens grâce auxquels les révoltes ne sont pas vaines.

    Cette « loi » tocquevillienne nous permet de comprendre la déconcertante aisance avec laquelle l’opposition, dirigée par Sassou en 1997, avait exigé et obtenu du régime Lissouba la mise en place d’une Commission Nationale Indépendante. Subséquemment, on comprend que l’on ne veuille pas céder aux autres, ce que l’on a soi-même obtenu facilement par le passé. Plus l’égalité se renforce, plus les revendications d’égalité s’exacerbent. Sous Lissouba donc, bien que le décollage économique fut encore hésitant, l’euphorie du contexte démocratique naissant paralysait à des degrés divers certains secteurs de l’économie par des revendications toujours plus grandes.

    Pendant cette mandature, l’interprétation de certains articles de la constitution de Mars 1992 par les uns et les autres, avait donné lieu à des échauffourées qui risquaient de mettre, à tout moment en péril, les fondements de cette démocratie. Or, il est un truisme que, de façon permanente et flagrante, Sassou violait sa propre constitution, notamment en créant ex-nihilo, un poste de Premier Ministre. Personne ne s’en émeut, outre mesure.

    Comme toutes les dictatures, celle de Sassou a ceci de paradoxal : elle est la négation absolue de la démocratie, mais parvient à se présenter comme son perfectionnement. Quand l’économie va mal, la démocratie réduit sous la pression des représentants du peuple, les dépenses de prestige et les dépenses militaires, une dictature les augmente. La construction du mausolée de la honte à plus de 10 milliards de Fcfa ou l’assouvissement de ses ambitions mégalomanes en construisant l’aéroport militaire d’Ollombo sont des réalisations qui ne visent que l’embellissement de l’image de Sassou, au mépris des principes élémentaires de l’orthodoxie financière.

    Le Congo n’a jamais été aussi riche, avec des recettes pétrolières qui ont littéralement explosé au point de défier les prévisions les plus optimistes. Et pourtant, l’existence des congolais est devenue chaque jour plus aléatoire : l’électricité, l’eau potable, la santé sont des denrées rares et une misère sans précédent s’installe avec entêtement. Le clan au pouvoir nargue ce peuple désarmé qui ne sait plus à quel saint se vouer. La prolifération des Eglises dites de réveil, encouragée à dessein par le pouvoir pour anesthésier le peuple, et la consommation exagérée d’alcool, n’assurent plus leur rôle de soupapes de sécurité. Il ne nous reste plus qu’à constater les dégâts : une évidente corrélation entre cette détresse ambiante et l’augmentation des maladies mentales.

    On a vu les dégâts causés dans la mémoire collective des congolais, le bombardement de Bacongo par le régime Lissouba, un acte grave certes, mais insignifiant à comparer au nettoyage ethnique opéré par les services de Sassou en Décembre 1998 à Bacongo et Makélékélé. Aucune image, donc pas d’incidence dans l’opinion. Les révélations rétrospectives, n’ont que peu de valeur pratique. Le choc émotionnel, l’indignation, l’horreur causés par une atrocité ne seront jamais les mêmes selon qu’on apprend les évènements à chaud et « en direct », ou après coup et « en différé ». Aucune démocratie, même la plus vertueuse n’aurait survécue après une telle barbarie. Or, les borgnes politiques, ont flétri la démocratie, en inventant la parade de renvoi dos à dos. On assiste alors à une obsession binaire, une symétrie des apocalypses, la manie du couplage, l’égalitarisme sourcilleux, qui veillent à ce que les deux plateaux de la balance se répondent dans un équilibre de l’horreur.

    Quand tout le monde est coupable, en effet, plus personne ne l’est ; sauf le régime démocratique, puisqu’il n’a pas les mêmes excuses à faire valoir que son rival, ne se souciant pas, comme lui, de bâtir une société plus juste.

    Les séances de lavement de mains ou d’autres rites absolutoires, sont des procédés dont la fonction est de relativiser le mal, c'est-à-dire, en fin de compte de l’excuser.

    Le peuple congolais désabusé, n’attend plus rien de ce régime ; un régime qu’il n’a jamais véritablement porté au pouvoir, un régime équipé pour le mensonge, la dissimulation, l’intimidation. On ne peut tenir tête à un tel régime qu’avec les mêmes armes, et les démocrates n’en ont pas. Il va falloir les inventer. En s’imposant au peuple congolais par les armes, Sassou avait de facto refusé de signer ce contrat social qui doit lier un Président démocratiquement élu à son peuple. L’amélioration des conditions de vie du peuple, donne de la noblesse à l’action d’un homme politique ayant reçu un mandat à travers des élections libres et transparentes. Mais comment Sassou pourrait-il violer un contrat social qu’il n’a jamais signé ?

    L’idée selon laquelle un système rétrograde comme celui de Sassou devrait s’effondrer et faire place à un autre plus viable, parce qu’il est incapable de faire vivre dignement ses compatriotes, ne peut venir que d’un démocrate. En raisonnant de la sorte, on prête à tort au régime totalitaire les principes régulateurs et l’univers mental du système démocratique. Une fois de plus, c’est une erreur que de prêter une logique démocratique à un système totalitaire. Or, Sassou n’a rien d’un démocrate, il est urgent de s’en rappeler !! Il n’a qu’une passion : lui-même, et une religion : le pouvoir.

    Quelles solutions alors ? Le prolongement de la tendance actuelle, confirmera la progression de la dictature de Sassou dont les faiblesses et les échecs internes ne suffiront pas, l’expérience l’a prouvé, à faire cesser la marche en avant. En tout cas, les dispositions démocratiques (élections, Commission Nationale Indépendante etc.…) dont on nous tympanise régulièrement, ne nous ne tireront jamais de ce mauvais pas. Elles n’ont simplement pas cours dans une dictature. A Ngouélondélé est ses comparses, la balle est dans votre camp. « Essa E Louo ».

    Djess dia Moungouansi

     

    Cet article a été publié sur les sites suivants :

    http://www.mwinda.org/article/djess.html<?xml:namespace prefix = o ns = "urn:schemas-microsoft-com:office:office" /><o:p></o:p>

    http://www.congoplus.info/tout_larticle.php?id_article=1375



  • Commentaires

    1
    djes
    Jeudi 12 Avril 2007 à 01:51
    Les réactions des internautes de Mwinda
    ......................................

    Kusakanavé lundi 30 octobre 2006, 23:25
    Je constate comme si le congolais est dans l'incapacité de faire avancer ou de bouger les choses, si c'est célà, c'est se dire battu d'avance et c'est démoralisant sur le plan collectif.

    Depuis longtemps Sassou et son clan n'ont cessés d'opposer les opposants entre eux pour mieux regner, mais cette stratégie diabolique a ses limites car nul ne peux jouer le peuple a vie sans risquer de le payer.

    Pour l'heure l'orage gronde, une page de l'histoire va se retourner bientôt, mais le problème est de savoir quand et comment? le remède est entre les mains des congolais, mais surtout des gros calibres de l'opposition. Les methodes musclées de notre dictateur soulignent sa stratègie de fin de règne, en voulant se maintenir à la tête du pays où le peuple ne l'aime plus peut être suicidaire en fin de compte. En jouant avec le feu, et en jouant au méchant dictateur qui sait manipuler son entourage pour se maintenir au pouvoir, il se fait une raison de se faire prendre par son propre jeux. Au final, Sassou quittera le pouvoir de lui même, car le pouvoir ultime qui gouverne l'univers n'aime pas l'injustice. Chaque chose a son temps. PEACE AND LOVE FOR EVERY ONE

    Gervais Mboumba mardi 31 octobre 2006, 01:45

    Merci à toi Djess.
    S'il y'a des articles qui depeignent la situation socio-politique au congo,le vôtre fais parti des ceux qui soulèvent des profondes questions et problematiques du cas du congo brazzaville.
    je suis de ceux qui ne tergiversent point sur ce chapitre.
    1-En ce qui concerne Les Partis politiques de l'opposition.
    Il n'y a pas sur le plan de la dynamique organisationnelle et du véritable rôle que peut jouer un parti d'opposition digne du nom des vrais leaders de la trempe de Ngouelondelélé.
    2-Les leadres politiques:on ne le dira jamais assez.ce n'est pas Milongo et Damas ngollo qui peuvent changer les choses au congo.ÇA, des mauvais congolais m'en voudront,c'est ça la vérité.Iles le savent.L'oppostion est faible et n'a pas la poigne.le parlement écumé par le PCT.parti des voleurs.
    Les ramifications et les collusions de certains congolais au kouilou ,dans la cuvette et dans le pool,sans oublier le ministre Nguimbi et autres... au niari qui se prennent pour des enfants gâtés pour leurs propres familles.Les gens font semblant de crier le matin,le soir ,ils reçoivent des millions :bon appât de la corruption.
    vive la démocratie! vive le congo!

    Gervais Mboumba mardi 31 octobre 2006, 02:04
    Ainsi ,pendant que le peuple congolais dans son ensemble mord de la poussière,il y'a un petit groupe des gens qui esclaffent dans tout le pays avec un discours trompeur consistant d'inviter les congolais à les voir toujours sur le haut du pavé.Menant une vie de petits princes,ces gens ont érigé des réseaux à la congolaise où tribalisme,mafia et crimes de tout genre deviennent un vaste programme auquel les congolais sont soumis tous les jours.Ainsi, partout ;en occident comme en dans certains pays d'afrique et au congo,le pouvoir de brazzaville deversent des sommes colosales pour traquer les démocates.Les congolais cèdent devant l'argent.ce fruit mûr qui tombe du ciel et l'habitude aidant, ces pauvres gens n'ont plus à regarder les douleurs ,les souffrances qu'endurent les congolais.N'oublions pas aussi notre armée où l'on retrouve une vérible organisation des mafieux dont le rôle premier est de soutenir le pouvoir,les généraux comme Ndenguet, Dabira,paul mbot ,et toute la racaille qui tue le peuple,en pires et véritables énémis du peuple,ils ne vivent que de ça.Alors mon frère Djess.Comment ne peut -on pas déplorer un congo sous les griffes des sanguinaires? Votre papier est élégant.
    vive la démocratie! vive le congo!

    Le Congolais Errant mardi 31 octobre 2006, 10:13
    Les congolais sont tétanisés par le brutalité imposée par Sassou depuis 1993 dans sa stratégie de reconquête du pouvoir, n’hésitant pas de s’entourer des génocidaires Hutus ( voir le film Hôtel Rwanda) et des membres de la DSP de Mobutu dont certains font encore partie de sa garde rapprochée. N’oublions pas que ce barbare a a tué Biayenda, Massamba Débat, Kikadidi, Kimbouala Nkaya, qu’il a massacré les 324 congolais du Beach, qu’il a tué des hommes d’Eglise à Mindouli, qu’il maintient la région du Pool dans un état lamentable et que des dizaines de prisonniers politiques originaires du sud du pays sont emprisonnés sans aucune forme de procès comme jadis Yombi gardé dans ses geôles pendant plus de 10 ans . Il va de soit que l’ethnocentrisme exacerbée du régime ne peut qu’accentuer les frustrations de la majorité. Sassou prépare les conditions de futures guerres fraticides car démocratiquement il ne fera pas mieux que ses 15% de 1992, seule la révolte populaire balayera ce régime destestable, révolte qu’il réprimera avec sa brutalité innée. Mais chers compatriotes, il n’y a pas d’autres alternatives c’est soit mourir debout ou attendre la mort lente programmée par Sassou.


    DEMIAMINGUI mardi 31 octobre 2006, 11:19
    Mes congratulations à Djess pour cet article qui deborde de lucidite'.
    Que puis je vous dire d'autre si ce n'est vous exhorter à plus d'abnegation!
    Personnellement, je trouve que vous avez tout dit.
    Pour moi, la solution est militaire, il n'y a absolument rien à faire même s'il suffit à SASSOU de claquer des doigts pour que les angolais volent à son secours!
    Nous ne pouvons pas nous contenter de pleurnicher pendant que la pays va à vau l'eau.
    Il est des moments ou il m'arrive de penser au terrorisme d'Etat, poser des bombes par exemple, tuer leurs enfants , kidnapper leurs femmes et leurs maitresses ,ils comprendront ce message.
    Nous devons creer un equilibre de la terreur!

    le démocrate mardi 31 octobre 2006, 12:00
    Écoutez les gars,évitons des querelles qui n'ameneront nulle part,le peuple en a trop souffert,réunissons tous autour du président pour faire profiter tout les congolais des bienfaits du pétrole et des autres richesses que notre pays régorge.Kolélas n'est qu'un leader régional derrière lequel on trouve seulement les laris,comme il est déja dans le camp de la raison,plus personne n'oséra mettre les barricades ou soulever les ninjas,Milongo n'est que l'ombre de lui-même à boko et un peu à mafouta.Qd aux tribaux de l'UPADS,la nouvelle loi sur les partis va briser leur action divisionniste,et tous ses membres n'auront plus qu'à integrer les grands partis nationaux comme le PCT par exemple.En dehors de Sassou,je ne vois pas qui peut unir les congolais en ce moment.
    Vive le congo!

    HUMANITE mardi 31 octobre 2006, 13:49
    Quel paltoquet ce démon-crate (pouvoir des démons), ce valet au service du régime ignoble de Mpila mosi oyo.
    HUMANITE

    Mac FIFI mardi 31 octobre 2006, 14:35
    LE DEMOCRATE, tu n'es qu' une pourriture!!!
    J'espère qu' il y a des congolais qui connaissent ta vraie identité pour de confondre avec SASSOU le jour de sa déchéance. Tu seras jugé et foulé au feu avec ton maitre.
    J'espère que tu vis bien toi et les tiens,mais cela ne durera pas.

    le démocrate mardi 31 octobre 2006, 15:12
    Mac FIFI,je n'ai rien contre toi,mais ce sont tes parents qui sont condamnables pour la sale éducation qu'ils t'ont donnée.Moi je ne donne que la position officielle et celle de la majorité des congolais,donc,je ne vois rien qui te fait faire des crises.On est mieux avec Sassou coe président,et Kolélas sous la botte,donc plus de crainte de barricades ou de ninjas.N'est-ce pas bien pour la paix des coeurs?Ton souhait est de voir les congolais s'entretuer tout le temps?Écoutes,ne joues pas au petit américain imposant la démocratie aux irakiens,tu comprends?
    Vive le congo!

    Yandi Mosi mardi 31 octobre 2006, 15:53
    A Democrate

    Tu n'es qu'un pseudo-democrate car tu ne connais pas les principes de la democratie. Ton maitre actuel ne beneficie pas de la confiance du peuple, meme pas de son propre parti. Il a ete oblige de faire intervenir l'armee, son dernier rempart, pour regler des problemes internes a son Parti de Coupeurs de Tetes. La pauperisation du peuple n'est plus a demontree. En 10 ans de dictature, aucune infrastructure etatique n'a ete erigee. Les ecoles, les hopitaux, les adminconscient qui n'a de souci que l'enrichissement de son clan dont les inistrations sont dans un etat piteux.
    Et tu veux que le peuple se rassemble autour de cet membres vont jusqu'a egarer des sommes faramineux dans les hotels de paris.


    Yandi Mosi mardi 31 octobre 2006, 15:54
    Suite

    Assez de jouer les seconds roles. Le PEUPLE NE VEUT PLUS DU MWENE. Il n'a qu'a creer les conditions d'une vraie democratie( resperct de la constitution, elections libres et transparentes, CEI, acces libre aux medias, liberte d'expression et de rassemblement...) et on verra s'il beneficie vraiment du soutien de la population. Je crois qu'a conditions egales a celles de 1992, il ferait un resultat pire, car sa responsabilite dans la misere des congolais est plus grande que celle de tous les autres dirigeants reunis.
    De toutes facons, le train du changement est en marche, les faits sont tetus et on ne peut pas changer l'histoire.
    QUI VIVRA VERRA

    mutu N'kombo mardi 31 octobre 2006, 17:15
    Pour quelqu'un qui a été mini-stre du gouvernement fantoche de Sassou, la logique et le discours soutenus dans ses interventions ne m'étonnent guère.

    Richard mardi 31 octobre 2006, 17:38
    Il y a beaucoup de pessimisme dans cet article mais avant j'ai envie de dire a l'auteur qu'il est un peu hasardeux de comparer la dictature de Sassou a celle de Fidel castro. Notre dictature est comparable a celle de l'ex zaire sous Mobutu. Meme avec des années d'embargo Cuba a l'un des systemes de soin le plus avancé au monde rivalisant avec le Canada et c'est gratuit. Des etudiants noirs americains vont faire leur etudes a Cuba gratuitement en echange de quelques années de service apres leur formation. Rien a voir avec la situation du Congo ou on va se soigner a l'etranger pour un diabete ou un petit bobo. Je ne nie pas qu'il y a la misere et les cubains sont privés de liberté mais ne comparons pas l'incoparable. La dictature de Sassou apres celle de Mobutu est de la pire race. Bref...
    Notre opposition est faible j'en convient mais desormais il y a des gens qui parlent tels que le general a la retraite, les deux militants des droits de l'Homme et le deputé Kignoumbi et bein d'autres. Maintenant on sent qu'il y a la peur chez les Nguesso. Sassou se deplace maintenant...

    Richard mardi 31 octobre 2006, 17:50
    avec la plupart des membres de sa famille sous la crainte qu'a son absence quelque chose peut arriver. willy Nguesso a dit-on deplacé sa famille pour l'abriter au Canada. Ils ont peur et se preparent a l'option de perdre le pouvoir. Bien sur que ce pouvoir ne tombera pas tout seul il faudra le pousser et tres fort. Un leader a fait la declaration qu'il va pousser ce pouvoir et tous les congolais devraient s'organiser pour que cela arrive.
    Les articles de Mwinda et nos commentaires font beaucoup de mal a Mpila. sur le plan international les choses changent aussi. Le president de la Banque Mondiale apporte un soutien a nos deux militants anti-corruption. dans six mois Chirac ne sera plus la pour sauver sa marionnette. Le FMI met la pression au pouvoir en palce, les fonds vautours lui rendent la tache difficile. Toute une conjonction d'elements est en train d'affaiblir ce pouvoir au point qu'on se retrouve dans une situation meilleure que celle d'avant la conference nationale. le maitre mot est l'ORGANISATION pour donner le dernier coup de boutoir a ce pouvoir predateur. Optimisme.

    Hannibal mardi 31 octobre 2006, 18:23
    Salut Frère Djess,

    Excellente analyse, et surtout, cette rigueur qui ne te quitte jamais.

    Simplement, je crois que nous chargeons un peu trop Ngouélondélé et ses amis, en leur remettant, seuls, finalement la charge de mettre fin à la dictature mpilienne. Déjà que personnellement, j'ai beaucoup de réticences non seulement quant à leurs démarches, mais aussi sur la sincérité des acteurs (je peux me tromper, ce qui est le propre des hommes, n'est-ce pas ?!) ; car ne l'oublions jamais le Congo est dirigé par un ancien flic, nous ne sommes pas à l'abri des manipulations !

    Or, ta conclusion qui s'addresse à Ngouélondélé et ses Amis, donne à penser que cette tâche, celle de démonter la dictature de Mpila, est réservée à certains, quand bien même ceux-ci ont proclamé cette volonté.

    Si Ngouélondélé et ses amis sont sincères, alors ton appel va non seulement à leur direction, mais également envers tous les congolais considérés comme démocrates afin que chacun mette la main à la patte. Aux Ngouélondélé (au conditionnel toujours), il faut d'autres forces qui s'additioneront afin d'avoir raison à la dictature de Bzv.

    Panafricainement,

    Hannibal



    GODEFROY mardi 31 octobre 2006, 21:54
    Ok mon frère DJESS, "il faut que la conjoncture globale permette la réalisation d'une action collective en vue de la contestation du système...". En le disant, Alexis De Tocqueville, n'avait peut être pas intégré la stratégie des acteurs comme condition d'objectivation de l'entreprise révolutionnaire. C'est comme le contexte de la CNS. En 89, la perestroïka, puis le révionnisme de la gauche française envers l' Afrique, sont des contextes globaux qui rendirent envisageables les mutations politiques et institutionnelles dans lesdits pays. Cependant, seule la capacité de réappropriation par les configurations locales devrait ouvrir des structures d'opportunité politiques, lesquelles rendraient adaptable localement ces mutations internationales. Par configuration, nous entendons la stratégie des acteurs dans la régulation du système politique contesté ou contestable. Ainsi, suivant la position dans les différents pays visés par la Baule, la nature des changements politiques et institutionnels se distinguaient les uns des autres par exemple. Au Congo la situation n'était pas la même qu'au Gabon ou Cameroun etc.. Il faut alors intégrer la position des différents leaders internes et externes au système politique.

    GODEFROY mardi 31 octobre 2006, 22:31
    En 91, des particularismes locaux internes au Congo sont des facteurs plus éclairants pour comprendre les mutations qui entraînèrent la CNS. Les crises intestines au PCT, la rupture du discours syndical, les frustations de certaines élites militaires politisées comme Mokoko ou Ngollo constituent un ensembles non - négligeables que les acteurs externes au jeu du pouvoir d'alors viendront consolider. C'est donc le cas de Kolélas, l'UPADS, Yombi et la dynamique portée par ce qu'on qualifia autrefois les partis jeunes. Tu vois bien mon frère DJESS que toutes ces conditions sont des facteurs qui prennent forme, non par la simple volonté d'un acteurs, fût - il populaire et puissant, mais au sein d'une dynamique qui leur donne naissance, le tout . Nous ne sommes pas complètement éloignés de cette réalité socio - politique. Le problème, il faut rendre visible ces différents facteurs, leur donner de l'espace, sans te garantir que des mutations qui s'en suivront ne soient pas forcément analysable par la posture théorique de Tocqueville.

    Richard mercredi 1 novembre 2006, 09:48
    Godefroy
    Tout a fait d'accord avec cette analyse, c'est peut etre pour cela que nous devrions créer ici sur cet espace un groupe de gens qui vont s'organiser afin de saisir des opportunités susceptibles d'engendrer une action quelconque. Une telle proposition avait été faite mais j'avais un point de desaccord car l'initiative allait dans le sens d'interpeller les anciens de la politique afin qu'ils "prennent leurs responsabilités" alors que je pense qu'il est imperatif que chacun de nous prenne ses responsabilités. Mounzéo et Mackosso n'ont pas demandé aux anciens de parler en leur nom et en ce moment ils font un travail considerable, ce que chacun de nous peut faire. apres votre reaction je pourrais vous passer mon adresse email

    djess mercredi 1 novembre 2006, 13:35
    Chers HANNIBAL, Gervais Ngoumba, Godefroy, Richard, le Démocrate, Yandi MOSI(Mbuta ZENGA) , Le Congolais errant, DEMIAMINGUI, Kusakanvé

    Le ton de cet articles est , à dessein pessimiste. Ce n’est pas un pessimisme des découragement, mais un état d’esprit doit objectivement nous donner la dimension de la tâche. Je rigole chaque fois que nos compatriotes, avec des grilles de lecture, probablement déformées par la rudesse existentielle imposée par Sassou, pensent que faire partir Sassou était une véritable promenade de Santé. Je préfère donc dire à un enfant qu’il faut beaucoup de travail pour décrocher son Bac que l’inverse.

    J’avais déjà averti dans un autre article qu’il était imprudent de sous-estimer son adversaire, même s’il avait un genou par terre.



    djess mercredi 1 novembre 2006, 13:37

    (Suite)

    En réalité, quand j’interpelle Ngouélondélé, ce n’est par pour lui donner un chèque en blanc, il semble être parmi ceux qui « peuvent » utiliser le langage et les méthodes de Sassou. C’est par un contre-feu que l’on doit éteindre un feu. Sassou n’est pas un démocrate, et à ce titre , le traiter comme un démocrate est complètement erroné . Je dis aussi , qu’il est illusoire d’attendre les élections pour le renverser, il ne les organisera pas : il ne donnera jamais aux congolais l’arme avec laquelle il va être tué. C’est d’une simplicité biblique !!!. Il s’est fait avoir avec la CNS, il ne se fera pas avoir une seconde fois. C’est çà le fond de ma pensée.

    Djess


    Jean Okanga-Itoua mercredi 1 novembre 2006, 13:45
    Mon ami Djess, chaque paragraphe de ton article suscite d’autres articles. Je veux m’arrêter simplement sur le fait que les congolais sont aujourd’hui presque gelés devant un dictateur moribond. Il faudra sincèrement se demander : nos politiques, nos démarches donnent-elles les résultats escomptés? Aller droit au but dans le Congo d’aujourd’hui, «c’est renverser la dictature». La tempête soulevée par les propos de Sassou, demandant à l’armée de s’ingérer dans des problèmes internes d’une secte politique est extraordinairement révélatrice du déluge en cours au pays, et qui me rend de plus en plus optimiste. Sassou, le dictateur multiplie les bêtises et les congolais ne cessent de le découvrir. Voilà le Sassou dont on a tant parlé. La patience est donc une vertu, elle se cultive. Le Congo mon ami Djess a un sérieux problème de changement de mentalité. Nous devons travailler de plus en plus là dessus. On se dit en démocratie mais on réfléchie en dictature.


    Jean Okanga-Itoua mercredi 1 novembre 2006, 13:46
    Difficile de se débarrasser des vieux reflexes qui ont entrainé au pays que grincement de dents, des pleurs et amertume. Si les hommes politiques pouvaient nuancer leur propos, les enrichir et les remettre dans un contexte plus clair. Le débat serait approfondi et la compréhension des grands enjeux progressée. Et quand le climat intellectuel évolue, la classe politique, véritable mesure de la température ambiante, s’ajuste. Il se passe pas mal de choses au sein de la diaspora congolaise, c’est très encourageant. Les groupes de travail se créent : c’est peut-être peu, mais c’est mieux que rien. Je crois encore à l’esprit créateur des congolais et au rôle qu’est appelé à jouer la jeunesse. Il faut changer de stratégie, il faut innover, les guerres, et les violences n’ont rien apporté. Le débat des idées est ouvert, les congolais doivent continuer à s’unir et à s’organiser pour bien préparer l’après Sassou. Au Congo, je le répète, il ya assez d’eau pour y garder encore de l’espoir.
    Jean Okanga-Itoua
    Chapel Hill(USA)



    GODEFROY mercredi 1 novembre 2006, 17:00
    L'embellie au Congo dépendra de la force des acteurs locaux eux - mêmes. Contrairement aux contraintes externes qui ont cré les conditions locales de l'infléchissement du régime en vigueur depuis 79, les préoccupations purement gestionnaires des puissances qui auraient du impulser des changements réduisent nos marges de manoeuvres. C'est par la capacité de perturber l'ordre actuel que les acteurs locaux, organisés au sein dans une dynamique, s'enrichissant par des apports divers, que nous parviendrons à cette fin. Pour y arriver, il faut que l'opposition sensibilise, communique, montre sa cohérence interne, et soit capable, in fine, de rendre PROBLEMATIQUE LA GOUVERNABILITE telle que l'envisage sassou. Les acteurs externes ne viendront que relayer une force qui s'imposera aussi bien dans l'opinion, mais surtout dans la gouvernabilité de notre société. Ainsi, comme vous le dit souvent OKANGA, il faut que les congolais de tout bord se retrouvent, taisent leurs divergences benines en face d'un régime monstrueux, qui a fini par utilser toutes les astuces mêmes celles hypothéquant le développement de notre pays. Quand vous vous acharnez contre un Lisouba ou kolélas, tous deux usés, vous faites sourire sassou.

    Appolinaire KOULAMA jeudi 2 novembre 2006, 00:09
    Attention bien comprendre Alexis De Tocqueville,

    Alexis De Tocqueville a surtout parlé de l’égalité et de la liberté, lesquels il met en avant, comme besoin incontournable de tout être humain et de toutes communautés. Selon ce présent article de Djess, sur les dires de Tocqueville, je cite : « qu’une société se battait d’autant plus contre l’autorité que le niveau de satisfaction des besoins y était élevé », Tocqueville met avant tout le danger de la liberté dans un système démocratique, de l’avidité des êtres humains d’être de plus en plus exigeants, de ce fait, il s’inscrit bien dans une société démocratique et de libertés d’expression, dont, pour résumer, les avancées exigeront encore d’autres avancées par le peuple ou le niveau de satisfaction engendreront d’autres revendications par le peuple.



    Appolinaire KOULAMA jeudi 2 novembre 2006, 00:10
    Suite 1

    Par comparaison, le Congo n’est pas un état démocratique, mais un état totalitariste et dictatorial, dont le dictateur/criminel de M’pila n’est point prêt d’entendre des exigences d’un peuple, même si celui-ci peut posséder un certain niveau de satisfaction, qu’il (Sassou) est prêt d’utiliser sa machine impitoyable. Sans la liberté d’expression, comment le pauvre peuple peut revendiquer et exiger ses besoins ?

    Par contre, ce qui me paraît transposable sur le Congo, Alexis De Tocqueville met en évidence, sur sa pensée, l’existence d’une passion effrénée à l’homme pour une société de progrès d’égalité entre les êtes humains ou entre les communautés. De cette idée principale, Tocqueville par son analyse anthropologique s’était fondée sur l’observation et sur la réflexion pure.


    Appolinaire KOULAMA jeudi 2 novembre 2006, 00:11
    Suite 2 et Fin

    Bien que cette analyse concerne, aussi, les sociétés de démocratie et de libertés d’expression, il est important de souligner dans son historicisme, l’importance d’une sorte de loi naturelle, conduisant les êtres humains entre eux ou les communautés entre elles, de s’orienter vers un développement, vers un progrès de leurs conditions de vie, dont les aboutissements sont la liberté, l’égalité, les droits, l’amour du bien être…

    Par conséquence à la différence du prolétariat qui se lèvent pour reverser le patronat, c’est l’opinion publique, en raison du désengagement de l’état sur les besoins fondamentaux, créée, majoritairement des pressions, des cercles, des mouvements pour imposer son action contre l’état. C’est à partir de ces derniers points que peuvent être né les conditions naturelles d’un soulèvement populaire. En exemple, la chute du mur de Berlin, la révolution orange en Ukraine etc.… Sommes-nous actuellement prêts ?

    Appolinaire KOULAMA
    Plus que jamais, l’alternance est de plus en plus souhaitable.


    Hannibal jeudi 2 novembre 2006, 10:22
    Salut Frère Djess,

    Comme tu peux l'imaginer, c'est toujours un réel plaisir d'échanger avec toi. Je ne m'attarderai pas davantage sur Tocqueville, dont la pensée est sympathique au passage.

    En effet, le cas de Ngouélondélé avec ses amis, doit être regardé avec attention, mais en même temps, il faut essayer d'aller au-delà, afin de le considérer dans un ensemble.

    Toute contestation ou opposition ayant pour objectif le départ de Sassou devrait à mon avis, régler un préalable FONDA-MEN-TAL si l'on ne veut retomber dans les mêmes errements qu'à la CNS.

    De quel préalable s'agit-il ?
    Il s'agit de la question de l'unité ou de l'union nationale, ce qui pose inévitablement la question ethnique. Non, l'ethnie en tant que richesse culturelle, historique, sociologique, anthropologique..., mais en tant que concept d'exclusion ou de sélection du pouvoir. Eh oui, même dans l'opposition, il convient déjà de poser ce problème, et ce à plusieurs titres.

    Refuser de faire ce travail préalable, constituerait un manquement grave, non seulement, pour être crédible dans la mobilisation (1) des congolais contre le pouvoir tyrannique de Sassou, mais également, pour éviter le chaos de l'après Sassou (2).


    Hannibal jeudi 2 novembre 2006, 10:23
    (Suite 2)

    Si l'ethnisme, donc, facteur de sélection ou d'exclusion du pouvoir, était porteur de développement, cela se saurait déjà. Or, il n'en est rien. Le Peuple congolais a pourtant montré à plusieurs reprises, l'expression de la solidarité nationale sur les bases de l'hospitalité bantu. Ainsi, à Bacongo en 1997, on a vu l'accueil qui a été réservé aux habitants des quartiers Nord ; Pointe-Noire, a été aussi le lieu de refuge des Brazzavillois dans les moments difficiles depuis les affrontements de 1997 ; quand Youlou les a déportés, les Matswanistes ont été reçus bras ouverts dans la Cuvette et s'y sont bien intégrés, on n'a jamais enregistré les conflits de coexistence là bas... Les exemples, même anonymes sont légion, témoignant de cela !

    Alors que doit faire l'opposition pour garantir au Peuple congolais que "l'instrumentalisation" ethnique à la fois comme critère d'exclusion et de sélection du pouvoir, pratiquée par Sassou, ne sera pas reprise par elle, une fois aux commandes ?

    Si je n'ai pas de réponse à priori à cette question, je crois, que c'est le moment ou jamais de rendre fertiles notre intelligence et notre capacité d'imagination afin que ce maillon faible qui nous guète tout le temps soit encadré.


    Hannibal jeudi 2 novembre 2006, 10:24
    (Suite 3)

    Je sais que tu me parleras de fédéralisme, ce qui est ta préférence comme méthode de résolution de ce problème et tu es d'accord avec moi que malgré la campagne fédéraliste menée ces dernières années, beaucoup de congolais ne se bousculent pas aux portillons. Je ne crois pas que les congolais qui n'épousent cette vision, soient sots ou en retard par rapport aux progrès, je crois simplement que cette méthode est loin d'être une évidence pour les compatriotes acquis au changement malgré tout.

    Alors que le fédéralisme, selon vous (je peux me tromper, corriges-moi), viendrait après le départ de Sassou, car en l'état actuel, c'est bien lui qui détient la réalité du pouvoir, ce préalable, condition si ne qua non au rassemblement, est une exigence urgente et immédiate nécessaire pour convaincre tous les congolais acquis au changement.


    Hannibal jeudi 2 novembre 2006, 10:24
    (suite 4)

    Or, les stigmatisations ethniques ici et là, ne sont pas faites pour rassurer les Congolais sur l'après Sassou. Si les congolais se détestaient tant, depuis des millénaires, que ce Peuple coexiste, se mélange, se côtoie, se recompose..., ayant survécu au pires drames comme l'esclavage et la colonisation, ce Peuple disais-je aurait pu disparaitre simplement de la Terre. Heureusement, ce n'est pas le cas !

    L'après Sassou, c'est aussi de lui priver cette possibilité de manipuler à souhait le Nord du Congo comme le font ses alter ego (Kolélas, Lissouba, Tystère...) alors que Poto-Poto, Talangaï, Ouenzé, Mikalou..., sont frappés au même titre que les autres de délestage, d'absence d'infrastructures de base, de soins de santé...

    Combattre l'industrie du tribalisme, déjà au sein de l'opposition sincère, c'est notre révolution copernicienne qui nous permet de s'assurer un après-Sassou à l'abri des guerres inutiles. C'est ce que j'appelle souvent : la renaissance africaine !

    Panafricainement,

    Hannibal


    bruno jeudi 2 novembre 2006, 10:33
    Chers amis congolais de Bruxelles... le Pst Sassou viendra je crois le 13 et 14 novembre à l'invitation de Monsieur Louis Michel assiter à des débats sur la bonne gouvernance...
    Pourriez vous vous organiser pour que le dimanche 12 novembre autour de l'ambassade du Congo à Bruxelles...vous puissiez dire ce que vous penser de la bonne gouvernance de l'épicerie familiale...

    GODEFROY jeudi 2 novembre 2006, 11:24
    Bruno, peux - tu nous dire dans quel cadre Luois Michel organise ce débat? Ca pourrait être intéressant d'y être, à condition qu'on soit bien informé sur le cadre. MERCI

    bruno jeudi 2 novembre 2006, 16:00
    je me renseigne... mais l'idée n'est pas forcément d'assister à un xi ème débat sur la bonne gouvernance... mais c'est de profiter de cette occassion pour démontrer que vous diaspora vous êtes mobilisables et que vous suiviez l'actualité de la mauvaise gouvrennace de votre pays...
    Vous pourriez aller passer deux heures de votre précieux temps le dimanche par exemple de 12 à 14 heures... avec une petite banderole dans le style... merci à la gouvernance de Sassou... vous pourriez le faire à Bruxelles à Paris, à Rome... C'est de l'objectivité qui n'a pas besoin de clivage ou d'appartenance politique... c'est simplement un devoir citoyen pour la CAUSE...

    Jean Okanga-Itoua jeudi 2 novembre 2006, 20:43
    Écoute Bruno, cet incompétent de Sassou n’a pas le choix, il sera là pour faire l’acte de présence. Je n’en reviens pas du fait que certains congolais pensaient même que ce figurant allait changer les choses en Afrique. Au moins, il ne peut plus se cacher et il ne peut plus éviter ou choisir des questions. J’aimerais que l’on demande à ce dictateur de nous parler de la «transparence» au Congo-Brazza, ce pays qui est devenu sa propriété privée. Où est passé l’argent du pétrole? Qu’à t-il fait de ces proches qui ont encore «troué» la caisse de l’état…? Vous allez voir par vous-même comment, il va patiner, il va patauger dans la boue. J’aurais souhaité qu’on lui fasse avaler tous ces documents sur le Congo accumulés dans la presse occidentale. Afin qu’il ne fasse plus semblant. Savez-vous que ce type là, lorsqu’il arrive à Bruxelles, il évite de rester à la résidence de l’ambassadeur du Congo, Mr Obias, il préfère recevoir les quelques compatriotes triés à la loupe, dans un hôtel de luxe de la place. Raison : il ne se sent jamais en sécurité, il a tellement bu le sang d’autrui qu’il a peur que l’on boive le sien. Mais enfin, il se dit démocrate. Qu’il nous dise : a-t-il réussi?

    djess vendredi 3 novembre 2006, 09:43
    Salut Frère Hannibal


    Tu sais que j’en ai toujours appris en échangeant avec toi, car ton esprit d’ouverture irrigué par ta profession n’est plus à démontrer. Il ya tellement à dire que le petit espace que nous offre Mwinda me semble exigu. Reviens donc « au village », même sous une autre forme, ta contribution pour le Congo nouveau est importante, tu le sais bien.

    Dans mon propos, je n’ai jamais dit que les congolais se haïssaient, loin de là, c’est un peuple qui a su surmonter des épreuves redoutables, par le passé. Les politiciens véreux ont toujours instrumentalisé le peuple pour leurs intérêtes égoïstes. C’est donc au peuple, avec l’aide des vrais patriotes pour tracer son destin.

    Le fédéralisme n’a jamais été une fin en soi, c’est juste une forme d’organisation qui nous conviendrait, si la dictature nous convient , pourquoi pas ? Mais en toute chose, c’est le bien du peuple qui est fondamental. Tu dis qu’il ya une réticence des congolais pour ce système, oui, tout changement fait peur. Voilà pourquoi,certains disaient, "on préfère Sassou parceque lui au moins , on le connaît"


    djess vendredi 3 novembre 2006, 09:45

    ( suite)
    A travers le monde, tu verras bien que beaucoup de pays comme la Suisse, ou la Belgique ont survecu grâce à ce système. Les wallons et les flamnds coexistent dans ce système où toutes les ethnies sont respectées. L’Etat unitaire tel qu’il se présente aujourd’hui chez nous, consacrera toujours la domination d’une ethnie sur les autres. On l’a vu sous Lissouba, avec Sassou II ou III, cette domination s’est exacerbée.Et quelqu'un d'autre à la place dce Sassou, dans le même contexte en fera autant.

    Djess


    Hannibal vendredi 3 novembre 2006, 23:10
    Salut Frère Djess,

    D'abord, je te prie de m'excuser si je ne réponds pas précisément à ton appel de retour à l'ancien « village ». C'est pas un manque de considération, crois-moi. Je ne suis bien obligé de poursuivre l'échange ici si tu viens bien me l'accorder.

    Revenons au débat. En fait, je ne te reprochais pas d'avoir dit dans ton article que les congolais se haïssent comme tu as semblé le comprendre. Non, c'est bien moi-même, qui demandais de dépasser les cas Ngouelendele, afin de remplir certains préalables, condition de succès pour vaincre la dictature de Sassou, et surtout la garantie pour un après-Sassou apaisé. C'est une ouverture que j'apportais au débat que tu as ouvert.

    Ensuite, sur le fédéralisme, personnellement, tu sais que je ne nourris pas une opposition épidermique à ce sujet. Je suis panafricain, et dans le temps quand j'en débattais régulièrement, la seule garantie que je demandais aux fédéralistes, c'était d'avoir à l'esprit le projet d'Unité Africaine, qui est le seul paravent crédible pour l'ensemble des africains dans un monde où ne résistent que les grands ensembles.


    Hannibal vendredi 3 novembre 2006, 23:11
    (Suite 2)
    Ceci dit, quand je parle d'Union ou d'Unité nationale, c'est à ne pas confondre avec un « Etat centralisateur », du style jacobin, à la française. Il suffit de parcourir le monde pour voir que l'Unité nationale s'applique autant dans les régimes fédéralistes ou dans d'autres formes intermédiaires entre fédéralisme et centralisme. Sans unité nationale, le Fédéralisme se transforme en séparatisme tout simplement. La question est : sans un profond sentiment d'Unité nationale, le fédéralisme, ne favorise t-il pas un risque fort de glissement vers le séparatisme tout court ? Entendons-nous bien, je n'interdis à personne de choisir le séparatisme, surtout quand c'est assumé, et d'ailleurs, je ne te fais pas ce reproche non plus. Je dis souvent, vaut-mieux, faire plus court que de compliquer les processus.

    Sachant bien que dans tous les cas, un Congo bien géré et proche du citoyen suppose inévitablement une certaine dose de fédéralisme que l'on nommera pudiquement : « La Décentralisation réelle avec dotation de moyens ».



    Hannibal vendredi 3 novembre 2006, 23:12
    (Suite 3)
    Mais ce « fédéralisme » là donc la décentralisation, ne doit pas être confondu avec un fédéralisme institutionnel avec moyens à chaque localité de décider à un moment ou à un autre de partir surtout dans un pays où le sentiment d'Unité nationale est si tenue, et des populations rendues ignorantes donc en proie à des manipulations politiciennes.

    A mon avis, fédéralisme ou non, nous ne pouvons nous dispenser de notre devoir copernicien qu'est la rupture radicale d’avec l'ethnisme, le véritable cancer qui ruine tous nos espoirs.

    Cette rupture ne suffira pas si elle est seulement institutionnelle (fédéralisme ou non), elle doit être aussi et avant tout intellectuelle, culturelle, spirituelle... L'Europe des « lumières » à laquelle nous avons l'habitude de « pasticher » a bien fait sa rupture d'avec le cancer de la religion (pour nous c'est l'ethnisme) en commençant d'abord par la philosophie, la pensée... Ensuite, les institutions ont repris la séparation des pouvoirs comme principes, ils n’ont pas mis en place un fédéralisme religieux, c’aurait été une faiblesse intellectuelle.

    Hannibal vendredi 3 novembre 2006, 23:13
    (Fin)
    Tu remarqueras qu'ils ont d'abord commencé par la pensée et la philosophie avant d'engager la politique. Et pour ça, il y a eu des pendaisons, des guillotines...

    Or si nous continuons à penser que tourner le dos au tribalisme est un suicide politique, au lieu de la rupture radicale intellectuelle, culturelle, philosophique... eh ben, nous reviendrons à la case départ. En un mot, je veux dire qu'on ne réussira des réformes (fédéralisme ou non) qu'en ayant d'abord opéré une rupture, ample, puissante philosophique et culturelle, s'appuyant sur une réappropriation du socle qui fait réellement l'Unité culturelle, anthropologique, sociologique du Peuple Bantu. Une fois ce préalable réalisé, toute l'élite doit s'atteler à la pédagogie du Peuple. Si un consensus est trouvé sur cette base du Nord au Sud, nous ne laisserons plus le terrain aux démagogues et flagorneurs politiciens qui manipulent l'ignorance des Populations !

    Panafricainement,
    Hannibal







    Appolinaire KOULAMA dimanche 5 novembre 2006, 21:32
    J'entends les uns et le autres faire un débat sur le fédéralisme ou sur l'ethnicisme.

    Je ne veux point tergiverser sur ce que je concerne étre un dialogue, car il y'a beaucoup à dire sur ce sujet, sinon vous départager, par rapport à certaines idées reçues:

    Le fédéralisme est un espace nationale ou les entités régionales, ou géographiques, ou communautaires etc... sont fédérés pour des raisons diverses d'organisations ou de structurations, avec lequel, la nation reste indivisible.

    Le confédéralisme est un espace ou les nations sont unies par un pacte commun: c'est l'union européenne par exemple, et rien n'empêche qu'une nation sorte de ce pacte commun.

    Appolinaire KOULAMA
    Plus que jamais, l'alternance est de plus en plus souihaitable





    Hannibal lundi 6 novembre 2006, 08:59
    Salut, Frère Appolinaire KOULAMA,

    Comme tu l'as souligné, c'est plutôt un Dialogue que nous faisons avec le Frère Djess. Et crois-moi, nous en avons l'habitude.

    Pour réagir à ton intervention, en effet, la définition que tu donnes du "Fédéralisme" est juste. Et je suis encore d'accord avec toi, quand tu précises que : "(...) la nation reste indivisible". Or, tu conviendras avec moi que pour qu'une Nation soit indivisible, fédéralisme ou non, il faudrait que les populations, devenues un Peuple, aient un profond sentiment d'Unité nationale. Il se trouve qu'au Congo, avec une conscience nationale tenue, disloquée d'une part, et une ignorance des populations entretenue par des politiciens sans scrupules, un système qui accorderait à telle ou telle localité, la possibilité de voter sa partition, ouvre les possibilités hélas d'une partition du pays.



    Hannibal lundi 6 novembre 2006, 08:59
    (Suite et Fin)
    Aussi, il est vrai que ça dépend également, du degré de fédéralisme institutionnalisé à ce moment là. Car le fédéralisme suisse, n'est pas le fédéralisme américain ; celui de l'Allemagne, n'est pas le même que celui de la Belgique.

    Encore une fois, si mon choix réside dans l'Unité effective du Congo en terme de Droit, d'Equité, de Redistribution..., je ne m'oppose pas à ce que d'autres préfèrent le séparatisme. Ma seule exigence, c'est que les populations qui en décideront, le fassent en connaissance de cause, en s'appuyant sur une conscience suffisamment éclairée, et non manipulée.

    Panafricainement,

    Hannibal
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