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    Le Congo- Brazzaville : un pays de Cocagne transformé en géhenne.


    Chaque jour qui passe, nous apporte un  salmigondis d’informations  qui abondent dans le même sens : Le Congo-Brazzaville est riche. C’est un euphémisme. Notre pays est en effet très riche.

    Le satrape d’Oyo a réussi l’étrange exploit de transformer ce pays de Cocagne en enfer sur terre.  « Le bâtisseur Infatigable » n’est qu’un illusionniste   qui se complaît à gérer un pays riche  tout en plongeant sa population dans une effroyable indigence.

    En dépit de toute vraisemblance, l’accroissement  exponentiel de la rente  pétrolière  ne se traduit nullement sur le terrain.  Le prestidigitateur  invétéré a  réussi une fois de plus à faire passer les pseudo-réalisations  pour  des  travaux  pharaoniques qui obèreraient  le Trésor public. Faux ! A peine 15 %  de financement de ces travaux relèvent des fonds propres congolais.

    Il ne leur suffit plus de piller les richesses du pays à travers des salaires comme celui d’un Willy NGUESSOde 50 Millions de F CFA( 76 000 €/mois) , mieux que le patron du FMI (41250 €/mois). Désormais, les 80% de recettes d’exportation constituées par le pétrole sont l’apanage de Sassouet de son fils Kiki. Leur credo est de le planquer à tout prix pour priver les congolais de leur quignon.

    Tenez-vous bien !

    Ø     la route Brazzaville –Kinkala a été financée à hauteur de 66% par l’Union Européenne.

    Ø     80%  des 280 millions de dollars pour la construction du barrage d’Imboulou  seront pris sous forme de crédit par Chine.

    Ø     La construction de la route Brazzaville- Pointe-Noire est également sous l’emprise chinoise. Les 172.4 milliards de FCFA relatifs au premier tronçon Pointe-noire Dolisie  rentre dans l’accord-cadre entre le Congo et la chine de juin 2006.

    La liste est non –exhaustive.  Des travaux relatifs à  la modernisation de  l’aéroport Maya-Maya, en passant par la réhabilitation des lignes de transport d'électricité entre Pointe-Noire et Brazzaville, jusqu’à la   construction d’une usine de production d’eau potable à Brazzaville ; toutes ces réalisations sont des vrais tours de passe-passe dans lesquelles des Chinois, le Groupe pétrolier italien ENI, ou encore des malaisiens et les sud-coréens tirent leur épingle du jeu dans des contrats qui lèsent le contribuable congolais.

    Des réalisations tape- à l’œil qui cachent la ruine du pays.  Guy Moquet nous le rappelle si bien «  Le triomphe de la démagogie est passager, la ruine éternelle ».

     

    D.D


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  •                              

                                           

    Où va l’Argent du Pétrole Congolais ?

    Par Kevin DIAFOUKA

    Deux personnes seulement au Congo Brazzaville savent précisément la quantité de pétrole qui est vendu régulièrement, les montants colossaux générer par la principale ressource du pays et à quoi servent ces milliards de dollar : Denis SASSOU NGUESSO et son fils Denis Christel SASSOU NGUESSO.

    A maintes reprises, nous avions qualifié SASSOU NGUESSO d’incompétent, de malfaisant et d’inutile. Nous allons vous démontrez que tout ce qui se construit au Congo Brazzaville n'est pas financer par l'argent du pétrole.

     

    A bien y regarder de plus près, il semblerait bien que le maître d'école, devenu général-putschiste-président à vie, se soit mué en un véritable génie de la Haute Finance  au service de ses intérêts et de ceux de sa petite famille, bien sûr !

    Certes, il a largement bénéficié de sa relation privilégiée avec son alter ego, Jacques CHIRAC, mais aussi d’une relation privilégiée avec les Finances françaises durant l’ère Jospin, grâce à son "griot" recruté sur le pavé parisien, notre ami PIGASSE, frère aîné d'un banquier français que l'on présente comme l'un des plus doués de sa génération.

    Enarque, ex-directeur de cabinet de Dominique STRAUSS-KAHN, puis de Laurent FABIUS, Matthieu PIGASSE a débuté au Trésor en gérant la dette de l'Etat français. De là à croire qu'il aurait aussi géré ou continuerait à gérer celle, colossale, creusée par le dictateur congolais qui emploie son grand frère, il n'y a qu'un pas que des cours autocratiques africaines sauteraient allégrement.

    Route Brazzaville-Kinkala, financée à 66 % par l'UE

    Toujours est-il que notre autocrate, bien conseillé par la fine fleur de la gauche bien-pensante française avec laquelle il a su nouer des amitiés utiles (rappelez-vous, à qui a-t-il fait appel pour l’énorme plaisanterie sur la santé au Congo ?) a réussi contre vents et marées à obtenir l’effacement de la dette colossale qu’il avait accumulée au bout de douze ans de pouvoir sans que les Congolais n'aient jamais rien vu de ce qu'il avait fait avec cet argent.

    Certes, il y a la Villa Suzette au Vésinet et les luxueux appartements acquis dans les beaux quartiers parisiens, mais il faut être sacrément naïf pour croire que ces emplettes immobilières ont pu engloutir les milliards de dollars tirés de la vente du pétrole.

    Le Congo de SASSOU NGUESSO est un pays verni. Non seulement les revenus pétroliers augmentent, mais de bonnes fées se penchent également sur son destin. De 30 dollars en 2004, le baril de pétrole a atteint les 145 dollars en août 2008. Pendant que ses revenus explosent, la bonne fée FMI, d’un coup de baguette magique, transforme le pays riche de pétrole, de forêts et de diverses matières premières en pays pauvre très endetté.

    La France y contribue pour près d’un bon milliard d’euros (contribuables français et franco-congolais, réjouissez-vous !). Dans la foulée, tous y passent, Allemagne, Italie, etc..., c'est à qui sera le plus généreux avec ces pauvres africains.

    C'est presque un téléthon, sauf que dans ce spectacle de bienfaisance organisé au profit du Congo Brazzaville, l'unique gagnant s'appelle SASSOU NGUESSO, même si (il faut au moins lui reconnaître cette qualité), il redistribue sans compter à ses obligés et qu'il n'oublie pas de renvoyer l'ascenseur aux barons de la branche française de la Françafrique.

    Dettes effacées, augmentation de la production pétrolière et explosion du prix du baril, tout concourt à faire du Congo Brazzaville un pays riche pas endetté. C'était avant la crise. La croissance du PIB se situait autour de 7%. Des naïfs affirmaient la main sur le cœur que la vie des Congolais allait changer. Ils voyaient déjà le gouvernement lancer un vaste programme de modernisation du pays.

    C'était mal connaître SASSOU NGUESSO, un autocrate shooté avec la dette. C'est plus fort que lui. Certains diront que c’est ici qu’en fait apparaît son génie, ou celui de ses conseillers financiers. Les comptes à l’égard de ses créanciers apurés (ou presque, mêmes les prétendus diaboliques fonds vautour ont été payés), que fait-il ? Il recrée de la dette à tour de bras. Comment ? Très simple.

    Puisque les comptes officiels sont propres, les partenaires étrangers se bousculent pour lui fourguer tout et n'importe quoi, mais surtout pas des investissements productifs. Le tout financé à crédit. Pour faire simple, les investissements dont se flatte le régime ont été financés par des crédits à long terme auprès des Chinois, peu regardants du moment qu'ils ont accès aux matières premières dont leur pays a besoin pour assurer sa folle croissance. L'Union européenne, bonne poire, qui a supporté l’effacement d’une part très importante de la dette, n’a obtenu qu’une infime partie des marchés.

    La route Brazzaville-Kinkala-Gambari par exemple, récemment inaugurée en grandes pompes par SASSOU NGUESSO, est un financement de l'UE à 66 %. C'est d’ailleurs l'un des rares marchés obtenus par des entreprises européennes alors que les Chinois sont partout, même sur des étals du marché de Poto Poto.

    L'ennui, c'est que tout ça sera payé soit avec des cargaisons du pétrole, soit avec du bois et d'autres ressources naturelles pendant plusieurs décennies par deux ou trois générations de Congolais. Quelques exemples suffisent à comprendre la politique d'équipement (en réalité de néo colonisation) dont se gargarise le régime.

    Le Barrage d’Imboulou

    Pour réaliser cette usine hydroélectrique, il en coutera 280 millions de dollars US au Congo. 85% de cette somme seront pris en charge sous forme de crédit par la Chine. Un crédit que le Congo Brazzaville devra rembourser sur 15 ans à un taux d’intérêt de 0,20% avec un différé de 5 ans.

    La route Pointe-Noire/Brazzaville, également attribuée à la Chine (dont, soit-dit en passant, la société Pierson de Pierre FALCONE, impliqué dans l’affaire de "L’Angolagate", se flatte d’avoir la responsabilité). Le coût des travaux du premier tronçon Pointe-Noire/Dolisie long de 186 km est estimé à 172,4 mds de francs CFA, financés par la Chine, dans le cadre de l’accord-cadre entre le pays de MAO et le Congo Brazzaville signé en juin 2006 à Brazzaville.

    La construction d’une usine de production d’eau potable à Brazzaville, également financé par un prêt de la Chine à hauteur de 199 millions d’euros. Pour montrer toute la délicatesse de SASSOU NGUESSO à l'égard des Européens, l'’annonce de l'accord avec les Chinois a été faite le jour même où l'ambassadeur italien à Brazza, Angelo TRAVAGLINI, signait l'effacement de la dette du Congo Brazzaville envers l'Italie. Elégante attention qui mortifia le représentant de l'Etat italien.

    Résumons. Quasiment tous les chantiers en cours ici ou là ont été financés sur crédits extérieurs. D'après nos comptes, 15% environ, ce qui n'est pas grand-chose, sont supportés par les fonds propres de l’État congolais.

    Quelques rares projets ont été imputés sur la fiscalité forestière comme la route Obouya-Owando pour un montant de 23 milliards de F CFA. En 2009, un consortium d’investisseurs, malaisiens et sud-coréens, devait démarrer la construction d’une voie ferrée reliant Brazzaville à Ouesso sur plus de 900 km. Les travaux seront entièrement financés par le consortium qui, en retour, se payera avec le bois pendant près d'un siècle. Le prix sera donc celui de la déforestation accélérée d'un des poumons de la planète. Cela n'empêche nullement SASSOU NGUESSO de pérorer sur le développement durable dans les forums internationaux.

    Pour finir, le groupe pétrolier italien ENI qui va débourser 230 millions d'euros pour réhabiliter des lignes de transport d'électricité entre Pointe-Noire et Brazzaville. Encore un préfinancement qui sera remboursé selon des modalités qui n'ont pas été dévoilées, comme la production de l’opérateur italien, mais selon toute vraisemblance avec des cargaisons du pétrole.

    La propagande du pouvoir présente SASSOU NGUESSO comme le grand bâtisseur du Congo Brazzaville. Un bâtisseur qui se garde bien d'expliquer à ses compatriotes mal nourris, mal logés, mal soignés et mal éduqués que ce sont leurs enfants, leurs petits et arrière-petits-enfants qui payeront la note des chantiers réels ou fictifs pour lesquels il pose des premières pierres ou coupe des rubans.

    Certes, ramenée au fric que le Congo Brazzaville a perçu au cours de ces dernières années en bradant son pétrole et ses forêts, la totalité de ces sommes est insignifiante. Mais alors pourquoi emprunter aux Chinois un milliard de dollars par ici, deux autres par-là ?

    La dette extérieure étant effacée, que fait-on du liquide que nous rapporte le pétrole et le bois ? Mystère et boule de gomme. SASSOU NGUESSO n'en parle pas. Ses députés n'en parlent pas. Ses opposants n'en parlent pas. Personne ne sait rien sur rien. Il y a deux ans, Isidore MVOUBA avouait qu'il planquait l'argent  du Congo Brazzaville pour le mettre à l'abri des fonds vautours. Ces méchants prédateurs ne sont plus une menace pour le Congo, puisqu'ils ont été payés. Où est donc à présent l'argent du Congo ? Sous le matelas de SASSOU NGUESSO ? Dans les sous-sols de la Villa Suzette ?

    Le Congo Brazzaville est au 3e rang des pays producteurs après le Nigeria et l’Angola. Les recettes d’exportations pétrolières ont grimpé de 820 millions de dollars en 1994 à 2,5 milliards de dollars en 2001, avec une production pétrolière de 283.000 b/j (estimations de 2000).

    La compagnie française Total contrôle les 2/3 de cette production et le 1/3 restant est partagé entre les sociétés italiennes Agip (actuelle ENI) et américaine Amoco. L’or noir représente 80% des recettes d’exportation. La gestion opaque des recettes s’accompagne de l’expansion de la corruption. Avec des finances et un endettement non maîtrisés, le pays a obtenu le statut à part de Pays Pauvre Très Endetté (PPTE).

    Les revenus pétroliers devraient fournir une base suffisante pour le développement d’un pays d’à peine 3 millions d’habitants. Mais la faiblesse des institutions et la dépendance de l’Etat à l’égard des pétrodollars, ne l’ont pas mis en situation de bien négocier ses contrats pétroliers.

    Ces revenus comprennent les recettes de la vente de la partie de la production de pétrole qui lui revient de droit, les royalties et le paiement de bonus de signature lors de l’attribution des permis d’exploration.

    Comme dans tout CPP, les bénéfices pétroliers sont partagés entre le gouvernement et les compagnies selon les clauses du contrat. Les termes de ces contrats sont encore très favorables aux compagnies pétrolières.

    Dans un rapport publié en 2003, Global Witness accuse Total d’avoir institutionnalisé l’opacité, favorisant des gouvernements qui ne répondent pas de leur gestion, avec comme conséquence, un endettement massif et une instabilité chronique. L’ONG explique comment le Congo Brazzaville avec 3 millions d’habitants est devenu le pays le plus endetté du monde, per capita avec 6,4 milliards de dollars à rembourser aux créanciers étrangers.

    Par ailleurs, plus de 70 % de la population congolaise vivent avec moins d’un dollar par jour. Alors que les dépenses militaires augmentent, les infrastructures sanitaires et scolaires se délabrent pour cause de déficits budgétaires.


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  •                                                 

                 BRAZZAVILLE COMME MOSSAKA

     

    Face à l'inconscience du gouvernement, qui s'adonne à un véritable marathon pour l'enrichissement illicite, le Congo s'enfonce chaque jour dans l'indigence, dans l'extême pauvreté.

    Depuis un moment, on n'a plus besoin d'aller à Mossaka pour contempler  les légendaires  innondations dont cette ville avait le secret.

    Le phénomène de demi-terrain à Brazzaville aggravé par le mauvais état des routes ne permet pas aux bus d’atteindre les quartiers comme Mousoso, Mayanga et autres situés dans le 1er arrondissement Makélékélé. Les habitants de ces quartiers sont bien obligés de traverser le Djoué par pirogue moyennant 50 F CFA.

    Et que fait l'Etat alors?

     

                                                                       REGARDEZ


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  •      Conditions d'études moyenâgeuses à L'Université M. Ngouabi

                            REGARDEZ

                                                  

    Une situation insoutenable alors que Sassou et son clan rivalisent dans le pillage des ressources du pays. 

    Il n’ya plus rien à attendre de ce pouvoir et seule la jeunesse peut prendre ses choses en mains, puisque c’est son avenir qui est en jeu.

    Rien à faire du côté des Professeurs corrompus  qui sont tous soit ministre, soit directeurs de cabinet des ministres, soit conseillers des ministres ou de Sassou.


    Le démantèlement de lUniversité de Brazzaville na jamais obéi à des contingences financières imposées par les Institutions Financières Internationales, il répond à des considérations dordre stratégique : anéantir ce pôle de contestation par excellence. La déscolarisation avancée du Pool n’est pas fortuite, elle procède d’une réelle volonté du pouvoir d’anéantir toute velléité contestataire, dont cette région a le secret, en privant les futures générations d’un accès à la connaissance.

     

    REGARGEZ


    Djess

     



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  • Les

    Les "biens mal acquis" africains gênent la France

    Source : LEMONDE  du 09/06/2011

                                           

    LE PILLAGE CONTINUE !!!

    Les menaces liées à l'instruction judiciaire en cours sur leurs éventuels "biens mal acquis" en France n'ont pas tempéré leur goût du luxe. Les trois présidents africains visés par la plainte déposée à Paris en 2008 par l'organisation Transparence International France (TIF) pour "recel de détournement de fonds publics" ont continué depuis lors, comme s'ils se sentaient intouchables, à amasser objets de luxe et voitures d'exception.

    Révélée par des documents dont Le Monde a pris connaissance, la liste des acquisitions effectuées récemment par les familles Bongo (Gabon), Sassou Nguesso (Congo) et Obiang (Guinée équatoriale) donne le vertige. Ces achats somptuaires prennent une dimension politique nouvelle dans le contexte des révolutions arabes où l'enrichissement personnel des dictateurs a alimenté les colères populaires.

    Les policiers de l'Office central pour la répression de la grande délinquance financière (OCRGDF), mandatés par les juges d'instruction parisiens Roger Le Loire et René Grouman, ont ainsi établi qu'Ali Bongo, fils de feu Omar Bongo, a acquis en France, en 2009, une Bentley, quelques mois avant d'être élu président du Gabon, à la suite du décès de son père en juin de cette année-là. Les policiers précisent que le choix de M. Bongo, actuel chef d'un Etat dont 20 % de la population vivent avec moins de 2 dollars par jour, s'était porté sur le modèle "Continental Flying speed". Ce bolide de 2,5 tonnes, capable d'atteindre 322 km/h, est facturé plus de 200 000 euros.

    La famille de Denis Sassou Nguesso, président du Congo-Brazzaville, n'est pas en reste : son épouse Antoinette a acquis en France, début 2010, une Mercedes classe E immatriculée "corps diplomatique". De son côté, Wilfrid Nguesso, neveu du chef de l'Etat et patron de la Société congolaise de transports maritimes chargée par Brazzaville de prélever les taxes sur les tankers de pétrole congolais, a, en octobre 2009, jeté son dévolu sur une Porsche Panamera turbo (prix constaté : 137 000 euros).

    Mais le constat policier le plus stupéfiant concerne Teodoro Nguema Obiang, 41 ans, fils et quasi homonyme de Teodoro Obiang Nguema, 69 ans, qui règne d'une main de fer depuis 1979 sur la Guinée équatoriale et se trouve être le président en exercice de l'Union africaine (UA). Les enquêteurs des douanes ont établi qu'en novembre 2009 "26 voitures de luxe et 6 motos (…) d'occasion d'une valeur de près de 12 millions de dollars ont été acheminées à l'aéroport de Vatry [Marne] en provenance des Etats-Unis [par Teodoro Nguema Obiang] pour réexportation vers la Guinée équatoriale".

    Le lot comprenait "7 Ferrari, 4 Mercedes-Benz, 5 Bentley, 4 Rolls-Royce, 2 Bugatti, 1 Aston Martin, 1 Porsche, 1 Lamborghini et 1 Maserati". Au total, les douaniers ont repéré "28 exportations de marchandises depuis 2008 via l'aéroport de Vatry". M. Obiang est "déjà défavorablement connu des services douaniers, notent-ils, pour une importation sans déclaration de véhicules en provenance de Suisse". En 2010, son parc automobile s'est enrichi d'une nouvelle Ferrari et d'une Bugatti dont "le prix d'achat est estimé entre 1,5 et 2 millions d'euros", ajoutent, de leur côté, les policiers.

    Les goûts de M. Obiang junior ne se cantonnent pas aux voitures de luxe. Un signalement Tracfin, la cellule gouvernementale antiblanchiment, en date du 7 mars 2011, rapporte que le fils du dictateur de Malabo "s'est porté acquéreur de 109 lots pour un montant total de 18 347 952,30 euros [lors de] la vente de la collection Yves Saint Laurent et Pierre Bergé [actionnaire du Monde]" organisée en février 2009 par Christie's France. L'interminable inventaire des objets d'art anciens acquis laisse pantois : depuis le "taureau en vermeil" du XVIIe siècle à 298 604 euros jusqu'à la "coupe en noix de coco" à 112 724 euros, en passant par la "figure d'Hermaphrodite en bronze" à 744 716 euros. "Fait atypique", souligne la note de Tracfin, "c'est la société Somagui Forestal, société d'exploitation forestière sous le contrôle de Teodoro Obiang [par ailleurs ministre de l'agriculture et des forêts de son père], qui est à l'origine des virements ayant servi au règlement" des 109 lots d'objets d'art. D'autres documents révèlent que la Barclays Bank a, en France, géré ces transactions.

    Les enquêteurs de Tracfin concluent logiquement : "Compte tenu des fonctions occupées par l'intéressé en Guinée équatoriale et de la particularité consistant à faire payer ses achats d'œuvres d'art par la société Somagui [dont il est le directeur], la présence de “biens mal acquis” pourrait être suspectée." La profusion d'œuvres d'art acquise par M. Obiang s'éclaire lorsqu'on découvre qu'il possède pas moins de six domiciles, dont l'un à Malibu (Californie), un autre à Ville-d'Avray (Yvelines) et un autre avenue Foch (Paris 16e). Selon un témoignage cité par Sherpa, un groupe de juristes en pointe dans le dossier, cette dernière demeure s'étendrait sur quatre niveaux et comprendrait plusieurs dizaines de pièces dont "une salle à manger en corail et une turquerie en panneaux Lalique". La police attribue à la famille Obiang trois sociétés administrant ces biens dont seraient propriétaires quatre autres sociétés domiciliées en Suisse.

    Les policiers ont aussi commencé à démêler l'écheveau des sociétés immobilières contrôlées par les familles Bongo et Sassou Nguesso. Sept entités ont été attribuées aux Bongo, dont l'une, associant feu le président gabonais Omar Bongo et son épouse, fille du président congolais Sassou Nguesso, elle aussi décédée, a permis l'acquisition en 2007 d'un hôtel particulier parisien de 18 millions d'euros.

    Après avoir complété l'inventaire dressé dès 2007 des biens possédés en France par les trois familles visées, les juges d'instruction devraient chercher à connaître auprès des notaires et des banques l'origine, éventuellement frauduleuse, des fonds ayant permis de les acquérir. Les éléments récents établis par les policiers de l'OCRGDF, les douaniers et Tracfin témoignent de la persistance du phénomène qui a motivé cette enquête sensible, placée sous haute surveillance politique.

    Mais les magistrats avaient besoin du feu vert du parquet pour étendre leurs investigations aux biens acquis postérieurement au dépôt de la plainte de 2008 dont ils sont aujourd'hui saisis. Le 13 avril, les juges Le Loire et Grouman ont donc sollicité un réquisitoire supplétif visant les faits nouveaux comme la Bentley d'Ali Bongo ou les objets d'arts de Teodoro Obiang. En toute logique, cette démarche n'aurait pas dû soulever d'objection du parquet, puisque ce dernier avait lui-même transmis aux juges d'instruction les notes policières et douanières compromettantes.

    Pourtant, Michel Maes, vice-procureur de la République à Paris, qui dépend hiérarchiquement du ministère de la justice, a signifié par écrit dès le lendemain son refus de délivrer un réquisitoire supplétif. "Si l'on doutait que le parquet est le bras armé du pouvoir politique, ce refus en est le reflet absolu", tonne Me William Bourdon, avocat de TIF et président de Sherpa. Il rappelle que la France a ratifié la Convention des Nations unies contre la corruption de 2003, qui fait de la restitution des avoirs frauduleux un principe fondamental du droit international. Il indique qu'il a déposé une nouvelle plainte visant les faits récemment établis.

    De notoriété publique, l'arrêt de la Cour de cassation qui, en novembre 2010, a, contre toute attente, autorisé l'ouverture de l'instruction visant les "bien mal acquis" n'a cessé d'alimenter la colère dans les palais présidentiels de ces trois pays producteurs de pétrole et "amis" de la France.

    Philippe Bernard


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