• SOURCE : bakchich

     

    Sassou Junior fait ses courses en pétrole

    Shopping / vendredi 13 juillet 2007 par Joan Tilouine
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    Fils appliqué, Denis Christel Sassou fait tout comme papa. Y compris ses achats.
     
    Offenser Sassou père ou fils en pointant leurs excès de corruption relève de l’insolence et réveille le redouté courroux des princes de l’or noir. L’organisation britannique Global Witness en fait les frais et se retrouve dans le viseur de Denis Christel Sassou Nguesso. L’ONG a osé publier sur son site des documents, issus d’un tribunal de Hong-Kong tendant à révéler que les achats pharaoniques du rejeton du président congolais sont financés avec des revenus qui proviendraient directement « de la vente de pétrole de son pays ». Bref, révélant un secret de polichinelle : le clan Sassou siphonne la rente pétrolière du pays [1].
    Sur la sellette, Sassou junior riposte immédiatement en portant plainte à la Cour de justice de Hong-Kong qui exige de l’organisation le retrait des listes de comptes en ligne. Dans une lettre confidentielle – également mise en ligne - datée du 6 juillet, adressée à Global Witness, les avocats de Sassou annoncent leur intention de saisir la justice britannique. Initialement prévue lundi 9 juillet, l’audience a été reportée sine die.
    Selon Global Witness, la mise au grand jour de ces pièces à conviction est « d’intérêt public ». Les photocopies des relevés de compte dévoilent le train de vie effréné du fils Sassou qui ne s’est pas privé de faire chauffer tous azimuts sa carte bleue. De Paris à Marbella, en passant par Dubaï et autres sacro-saintes places du luxe, le petit prince et ses troubadours ont ainsi voyagé à l’œil, ont dévalisé les échoppes de haute couture en vogue, tout en roupillant dans les palaces prisés. Une vie de nabab bling bling aux frais de la princesse !
    Près de 35 000 euros ont été dilapidés entre le 3 août et le 28 août 2006. Bien peu en comparaison des centaines de milliers d’euros amassés grâce à un siphonnage méticuleux des revenus pétroliers du pays, via une cascade de sociétés écrans.
    Patron de la Cotrade, filiale de la compagnie d’Etat SNPC chargée de commercialiser l’or noir, et de la société offshore Long Beach Limited, domiciliée sous les cocotiers du paradis fiscal d’Anguilla (Caraïbes), Little Sassou aurait pompé des centaines de milliers de dollars avec, entre autre, la complicité de son affidé Blaise Elenga. Numéro deux de la Cotrade et patron de la société off shore éponyme Elenga Investment Limited (EIL), elle aussi abritée sous un cocotier d’Anguilla. Les émirs de Brazza sur les plages des Caraïbes !
    Les transactions passent par les sociétés écrans Sphynx Bermuda et l’Africa Oil and Gas Corporation (AOGC) et consistent à acheter le pétrole à des prix en dessous des cours mondiaux avant de les revendre au prix du marché. Un « accord de consultant » a d’ailleurs été conclu entre Sphynx Bermuda, EIL et Long Beach depuis mars 2004.
    En clair le clan Sassou est soupçonné d’acheter au rabais le pétrole congolais à la SNPC ou une de ses filiales et de le revendre au prix normal, via une société privé (EIL, Long Beach Limited, Sphynx etc…). Le tout en gardant pour soi (et pour ses emplettes), plutôt que pour le trésor public congolais, la plus-value.
    Les compagnies offshore constituent l’arsenal de détournement favori des pontes des milieux d’affaires congolais. Un cycle officieusement officiel dont raffole la pègre gouvernementale. À la fois simple, rentable, illégal et très prisé [2] ..
    Mais la traçabilité des flux financiers a mis en lumière la corrélation entre les mouvements bancaires provenant des revenus pétroliers nationaux et la carte bleue des deux lascars via EIL et Long Beach Limited.
    Un nouvel indicateur de la bonne gouvernance qui règne au Sassou Land.
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    [1] cf. à ce sujet l’excellent, Afrique : pillage à huis clos, de Xavier Harel
    [2] En 2005, les sociétés AOGC et Sphynx Bermuda se sont faits épinglé par la Haute cour de Londres pour avoir acheté 472 millions de dollars de pétrole à la Cotrade entre janvier 2003 et avril 2005 à des prix défiant toute concurrence.

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